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19 novembre 2005 6 19 /11 /novembre /2005 00:00

On aimerait comprendre comment on s’enrichit en cassant les prix. Si rien ne s’oppose à ce que l’industrie du luxe permette des marges confortables sur le dos des nantis, il est paradoxal que les magasins populaires destinés aux couches éponymes soient une fabrique de milliardaire.

 

 
Seulement les faits* sont là, les plus grandes fortunes de ce pays se recrutent dorénavant parmi les géants de la distribution. Ca mérite qu’on s’y arrête, ne serait-ce qu’un instant.

 

 
Le paradoxe n’est qu’apparent : les hyper ne vivent pas du chiffre d’affaires de leur clients, comme le magasin du coin de la rue. Ils gagnent leur vie sur ce qu’ils facturent à leurs fournisseurs. Ca s’appelle les marges arrière ; c’est illégal, mais ça prospère. Et ça explique qu’on peut vendre à prix coûtant et devenir milliardaire en moins d’une génération. Voir Edouard Michel Leclerc pour ne citer que le plus emblématique des mousquetaires.

D’un coté des pouvoirs publics attachés à la stabilité des prix prêtent une oreille attentive aux géants de la distribution qui savent être généreux pour obtenir encore plus d’implantations et de l’autre un petit commerce électoralement puissant toujours prêts à en découdre pour préserver son centre-ville.

 

 
De loi Royer en loi Galland le législateur tente désespérément de ménager la chèvre et le chou, ce qu’il a tant bien que mal réussi, mais en masquant le sacrifice des emplois ! Il n’y a que deux solutions pour baisser les prix : réduire les marges – et alors on ne devient pas milliardaire – ou faire fléchir les producteurs, quitte à les laisser tomber lorsqu’ils ne s’alignent pas sur les prix des pays à faible taux horaire. C’était ringard, ça fleurait bon le béret et la baguette, mais c’était frappé au coin du bon sens des années 80 : « nos emplettes sont nos emplois ».

 


En 1920 Henry Ford augmentait ses ouvriers pour qu’ils lui achètent son modèle T. En l’an 2005 Wall-Mart, première entreprise au monde de distribution réduit les salaires d’un million et demi d’employés pour vendre encore moins cher et devient le premier importateur de produits chinois ! La schizophrénie de nos sociétés ne saurait mieux être résumée.

Prix cher pour plus d’emplois : N’est-ce pas  le vrai débat ?  [1]

 

 

 

 

 

 

 

* sur ce sujet :    La grande distribution,  Jean Bothorel Philippe Sassier, édité chez Bourin

 

 



Economie

 

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Published by Candide - dans Economie
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