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Mardi 28 juin 2005 2 28 /06 /Juin /2005 00:00

Pour une révolution c’en est une. Les français ne seront plus juges de leur médecin. Jugez vous même. Jusqu’à ce jour le patient ou celui qui s’estime tel pouvait papillonner de médecins en médecins et butiner quelques médicaments ici, quelques prescriptions là, de toute façon ça ne lui en coûtait rien.

Courageusement le précédent ministre décida de mettre un terme à cette gabegie considérant que tout médecin étant un bon de médecin on ne pouvait demander à la communauté de payer pour les boulimistes de la consultation.

Il faudrait dès lors choisir son médecin référent et taxer la consultation chez un autre praticien. Il faudrait aussi passer par son médecin traitant pour être admis à consulter un spécialiste. Sauf à être pénalisé dans ses remboursements.

Cela parait simple ou du moins rationnel puisque le but n’est pas d’améliorer la qualité des soins mais de freiner les dépenses de l’assurance maladie. C’était un premier pas, c’était indispensable pour recadrer les dépenses médicales. Encore fallait-il que le recours à un médecin tiers soit pénalisant, pas marginalement pénalisant. Or il n’en coûtera au patient qu’un ou deux euros de s’affranchir de ce sésame. Quand on sait le coût de la moindre réforme de cette usine à gaz qu'est la Sécurité sociale on peut d’ores et déjà prédire que cette mesure n’aura pas plus d’effet qu’un cautère sur une jambe de bois. On a un nouvel exemple de l’incapacité de nos gouvernants à appliquer ce que le bon sens seul suffit à justifier et surtout ce refus d'utiliser la dissuasion financière nous éloigne de la seule réforme capable d’inverser la spirale infernale du déficit : la responsabilisation du toubib.

Car qui dans ce pays peut émettre un chèque en blanc sur la collectivité, qui a un droit de tirage illimité sur la communauté ? Seul, le médecin bénéficie de ce privilège, ce droit exhorbitant. Nulle part ailleurs que dans une officine médicale on peut faire légalement de la fausse monnaie. Emettre une ordonnance, prescrire des examens, diriger vers un confrère c’est susciter la consommation de services médicaux, c’est induire une dépense, dont le montant inconnu, est garantie par l’Etat. Les médecins seront payés, les médicaments seront remboursés, les analyses, les visites tout sera pris en charge, l’utile, l’inutile, le redondant comme le dangereux.

Si nos voisins ont su maîtriser nos dépenses de santé, ici aucune limite n’existe. Ceux qui s’y sont essayés n’ont d’ailleurs pas survécu à leur tentative de responsabiliser les tireurs. N’est ce pas Mr Juppé ? Et pour ceux qui douteraient de la pertinence de ce constat, le dépassement récurrent des hypothèses de déficit les plus pessimistes devrait ruiner leur optimisme. Et de trou de Sécu en trou de Sécu on ne s’en sort qu’en pompant dans les finances de l’Etat qui croulant déjà sous les déficits ne peut que tirer des traites sur les futures générations. Ce que j'appelle faire de la fausse monnaie !

En France on ne vit pas plus longtemps qu'ailleurs. Alors pourquoi notre vieillissement a-t-il un prix exhorbitant ? 

Simplement parce que la santé est traitée comme si elle ne coûtait rien, que ceux qui consomment ont parti lié avec ceux qui dispensent sans que ceux qui financent soient autorisés à y mettre leur nez. Alors consultons, consultons notre médecin traitant, en espérant que le système perdurera au moins jusqu’à notre prochain remboursement !

 

 

 

 

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