Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Libre Cours par Candide
  • Libre Cours  par  Candide
  • : Décryptage sans complaisance de l'actualité quotidienne.
  • Contact

Retrouvez Candide
alias Phénix sur

3w.LeVésinet.com

Recherche

Texte libre

Archives

11 juin 2005 6 11 /06 /juin /2005 15:35

Dans le brouhaha médiatique récent l’information est passée preque inapercue. C’est pourtant   bien une révolution masquée sous une apparence anodine que ce 9 juin nous a offert : les français pourront désormais décider de ne pas se faire soigner sans que leurs médecins, leurs proches, soient poursuivis pour défaut de soin, perte de chance ou non assistance à personne en danger.

 

 

 

Dans notre pays profondément influencé par la morale chrétienne, le combat pour prolonger les personnes en fin de vie est souvent vécu comme un acharnement à leur imposer des thérapies sans respect de leur liberté individuelle. Mais ce 9 juin, les sages du Comité d’éthique viennent opportunément de replacer le patient au cœur du débat. Ils ont rappelé que l’individu autonome est le seul à pouvoir décider de la poursuite ou de l’interruption des soins.

 

 

 

Le point cardinal de cet avis qui doit encore être transcrit en jargon législatif est l’autonomie et la capacité du malade à être informé, c'est-à-dire à comprendre pour décider. Mais quelle avancée. Souvenons nous du chemin parcouru : la loi Kouchner, il y 3 ans seulement, a restitué au patient le droit de savoir, droit qui lui était fort chichement mesuré. Qu’il ait fallu attendre 2002 pour autoriser les patients à avoir accès aux données médicales les concernant donne une idée du moyen age dans le quel le milieu médical et le monde catholique,  longtemps très imbriqués, nous tenaient cloîtrés pour exercer en leur seul cosncience leur magistère.

 

 

 

Si le patient est reconnu propriétaire des informations médicales le concernant, si il a enfin obtenu le droit de décider des thérapies qu’il veut suivre, si il a depuis peu le droit de ne pas savoir, il ne reste plus qu’à lui rendre le droit de décider de sa fin. On reçoit la vie sans l’avoir sollicitée, ce qui ne justifie pas qu’il soit illicite d’y mettre un terme, comme cela est déjà admis dans de nombreux pays.

 

 

 

Et ne venez pas m’accuser d’écrire un plaidoyer en faveur du suicide. La réflexion à la quelle les français sont enfin conviés concerne le droit à la dignité ; il dépasse la question religieuse, il est de l’ordre du métaphysique.

 

 

 

Le balancier va dans le bon sens ; le mouvement paraît bien lancé. Il sépare les croyances  religieuses des connaissance médicales. Il laïcise le débat de la fin de vie en donnant la primauté aux considérations civiles. C’est le principe du non empiètement des magistères* qui lentement s’impose à nous, avec retard certes. Le droit est civil, la religion est privée. Le civil doit permettre le religieux et non pas l’inverse ; c’est ma définition de la laïcité.

 

 

 

Alors je dis beaucoup de bien de cet avis. C’est rare qu’un comité de sages fasse œuvre de progrès. Ne chipotons pas notre satisfaction : c’est un grand pas qui vient d’être fait pour une société laïque. Et plus anecdotiquement, c’est une aubaine pour la sécurité sociale. Tous ces traitements qui ne seront pas imposés c’est autant qu’il ne faudra pas financer.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

* Et Dieu dit que Darwin soit : Stephen Jay Gould Le seuil

Partager cet article

Repost 0
Published by Candide - dans Libre Cours
commenter cet article

commentaires