Les chiffres publiés aujourd’hui se passent de commentaires. La décélération est telle que toute référence à des
situations connues est nulle et non avenue. Peu importe si dans le passé la relance par la consommation a échoué, si dans le passé les méthodes Reagan ou Tatcher se sont révélées
efficaces, jamais nos économies n’avaient subi un choc de l’ampleur de celui qui sape les fondements de notre vivre ensemble collectif.
Les « fondamentaux » des systèmes hérités des années de croissance imperturbable, bâtis sur l’illusion d’une
croissance perpétuelle à deux chiffres, de déficit permanent dont le cumul ne devrait jamais être soldé s’écroulent sans que nul ne songe à remettre les pendules à
l’heure.
N’en déplaise à nos experts, à nos politologues, à nos hommes de droite ou de gauche, tout ce qui se dit, s’écrit
aujourd’hui masque l’essentiel : le monde ne peut vivre indéfiniment à crédit.
Ce que nous subissons aujourd’hui n’est pas tant la conséquence du capitalisme financier que la réplique sismique du
vivre à crédit dans lequel nos économies se développent depuis 3 ou 4 décennies. Le réajustement a certes été déclenché par la crise financière dont on nous abreuve mais la nécessité du
réajustement tient à des états plus chroniques qu’il faut remettre en cause.
Parmi ces états, l’impossibilité de dépenser sur une longue durée plus qu’on ne produit. Or la régulation des distorsions
sociales par une redistribution en amont de la création de richesse a créé l’illusion de la capacité inépuisable de financement des déficits sociaux.
Aussi la croyance que le développement économique permettrait sur la durée la répartition équitable des
richesses produites.
Enfin l’illusion entretenue que l’on est capable de mesurer la quote-part contributive de chacun des acteurs
de cette croissance : l’Etat, le travailleur et le capital. Ces fameux trois tiers que l’on a décidé brutalement et arbitrairement de rendre égaux.
Face à la nécessité d’un réajustement brutal il faut admettre comme inéluctable la réduction de nos niveaux de vie
à celui qui correspond à notre aptitude à garder des comptes équilibrés. Le coût du décrochage - soins palliatifs dirait le réanimateur – devra être supporté par ceux qui ont bénéficié des
excès du système.
A savoir : un impôt exceptionnel sur le capital et un prélèvement sur les revenus sont nécessaires pour amortir le choc
que nous subissons.
La fiscalité des successions est la solution à l’impôt sur le capital. Elle évite de spolier les créateurs de
richesses, et permet à l’Etat d’adosser un emprunt géant sur les futures rentrées fiscales sans alourdir sa dette.
Un prélèvement additionnel et progressif sur les revenus soumis à l’impôt permet de financer les amortisseurs
sociaux dont l’objectif est d’assurer le vivre ensemble collectif et la cohésion sociale.
Autant dire que la loi TEPA doit passer à trépas .
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