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3 juin 2005 5 03 /06 /juin /2005 20:55

Il y a les mots, les mots simples pour tous les jours,

Il y a les mots pour les artistes. Ils les manient, les triturent, les juxtaposent, les opposent et composent pour notre plaisir poèmes, romans et toute sorte de littérature. 

Il y a ceux des plumitifs, des échotiers, des scénaristes, des chansonniers, de tous ceux qui ne vivent que pour eux, de l’apologiste au verbicruciste, la liste serait longue.

Et puis il y a ceux des politiciens, ceux des petites phrases, des formules assassines. Ceux qui sont signés par François comme donner du temps au temps, ou empruntés par Jacques comme acadabrantesque. Et les plus nombreux, tous ceux aux quels plus personne ne croit ; ceux de toutes les lunes, de toutes les promesses qui ressurgissent lors de chaque grand messe érodés, dévalués, déjà archi consommés.

Je vous tairai ceux du moment ; on vous les mitraille, on vous les tambourine, on vous les assène : il ne manquerait plus que je vous les épelle.  Martiaux, ou flatteurs, ils vont toujours par paires : acquis sont les avantages, sociale est la protection, durable est le développement, forte est l’impulsion, grande est l’attente, éternelle est la France. J ’hésite à poursuivre car longue est la liste de ces mots qu’ils pacsent parce que si leur musique est douce, leur sens est à ce point évidés que tous y puissent puiser ce qu’ils espèrent entendre.

Seulement il n’y a que dans les allégories que la force du verbe déplace les montagnes. Pour l’avoir oublié un roi de l’incantation, récent premier ministre, a du rabattre du caquet, ce que son sémillant successeur au verbe péremptoire n’a semble-t-il pas capté en plaçant la barre très haut : « quand c’est difficile tout est possible » nous a-t-il confié, version gaullienne d’un désuet «à cœur vaillant rien d’impossible». Ils s'épuisent les uns les autres dans cette infernale quête du mot qui marque, qui frappe, qui étonne, du superlatif définitif qui englobe tout.

 

De cet art franco-français, un seul connait toutes les finesses, a joué de tous les registres,  a déjoué tous les pièges, est passé Maître, c'est Devos. Le magicien de l'absurde c'est lui. 

Qu’attend-il, Jacques, pour le nommer à Matignon ?  

 

 


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Published by Candide - dans Libre Cours
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commentaires

Christian BOIS 15/06/2006 21:36

C'est fort bien écrit et dit avec élégance. Bravo !