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3 avril 2007 2 03 /04 /avril /2007 21:41


C’est la nouvelle démocratie. Celle dont l’expression ne sort pas des urnes.


Les urnes expriment le souhait des citoyens. C’est la théorie. La pratique est un peu différente. Un président est élu alors qu’il a pu ne rassembler que 20% des inscrits au premier tour. Le système du vote à deux scrutins  – le seul compatible avec la lourdeur du suffrage universel – ne laisse en présence pour le second round que son meilleur challenger, garantissant au vainqueur de représenter la moitié au moins des voix exprimées.


Les députés, dont une majorité est nécessaire pour conduire une politique, sont désignés par circonscription selon la méthode du scrutin uninominal à deux tours. En bref pour faire des majorités solides, ce système exclut les candidats qui ne bénéficient pas de désistement. C’est pour cela que le Front National au quel 20% de la population apporte ses voix n’a pas de représentation à l’Assemblée nationale.


Un président issu d’une minorité, une assemblée ne représentant pas l’éventail des idées et des opinions : c’est ce que produit la loi électorale de ce pays.


En conséquence chaque perdant a beau jeu de menacer d’un troisième tour. Et c’est déjà l’air qu’ont entamé les petits candidats qui ne se font aucune illusion sur leur avenir présidentiel. Besancenot, Laguiller, Bové et compagnie font planer l'ombre d'un troisième tour si le président prenait leur électorat à rebrousse poil, ce qui est vraisemblable au cas où Sarkozy serait l'élu.


La rue a-t-elle raison contre la représentation nationale ? C’est une question moins iconoclaste qu’il n’y parait. Même si sa versatilité n’est plus à prouver la rue est susceptible de renverser un gouvernement, cf. A. Juppé, de le faire reculer, cf.  le CPE, de le narguer cf. les routiers…etc. Certains candidats se vantent même d’institutionnaliser la voix du peuple directement dans les rouages de la décision politique : c’est la démocratie participative de Mme Royal et ses jurys citoyens. Monsieur Hulot, déçu du manque d’intérêt des signataires de sa charte pour exécuter leurs engagements, fait démonstration de sa force dans des manifestations de rue.


La nouvelle démocratie s’éloigne des urnes. Le populisme nourri par l’hyper médiatisation se développe en accentuant le rejet de la représentation démocratiquement élue. Des candidats, et non des moindre, inconscients de jouer avec le feu, attisent les braises du rejet de la démocratie parlementaire.


Le troisième tour réduit l’espace du futur président élu et peut verrouiller toutes possibilités de réformes si entrepris dès la fin d’une période virtuelle appelée « état de grâce ».


Il est urgent d’imaginer des contre feux et ils existent. On se contentera d’en évoquer deux :

Modification de la loi électorale pour mieux représenter la diversité des opinions.

Soumission à référendum des décisions structurant l’avenir de la nation.

 

 

On doute que ces élucubrations aillent aux oreilles des présidentiables. On peut toujours rêver.

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Published by Candide - dans Présidentielles
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commentaires

tautou 03/04/2007 23:27


 
Le problème de la France n'est pas politique mais societal  !!!!