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17 juin 2005 5 17 /06 /juin /2005 09:44

La saison commence et avec elle son cortège funéraire. Il est mort en course, comme d’autres disparaissent en mer, dévissent  d’une paroi,  enfin pas tout à fait. Il est mort comme l’anglais Tom Simpson, l’italien Marco Pantani, l’espagnol Jimenez et tant d’autres anonymes. Comme eux  il est mort « chargé ».

J’aurais toujours du ignorer jusqu’à l’existence d’Alessio Galletti et il ne s’en serait que mieux porté. Aujourd’hui il ouvre le bal maudit des fauchés par le cyclisme. L’épitaphe dressée par Le Monde du 17 juin est brève : il avait tout d’un forçat, condamné à se shooter pour avaler col après col, ce porteur de bidons d’un roi de la petite reine.

Il y en aura d’autres, et pas seulement dans le cyclisme, qui quitteront l’arène prématurément. On ne sera pas naïf, là où il y a classement, il y a compétition et là où il y a compétition il y a attraction. Le cyclisme est populaire avec ces foules amassées le long des étapes. Ce sport est spectaculaire, accessible sans barrière financière. Y briller attire beaucoup de vocations et les organisateurs auront beau multiplier les classements il n’y aura jamais qu’un vainqueur et beaucoup de tricheurs. Inutile de chercher la solution dans le jeu de chat et de souris auquel s’adonnent hypocritement tricheurs et censeurs, le tricheur gardera une roue d’avance. L’amélioration constante des performances lors des Tours de France atteste, pour celui qui en douterait, de l’efficacité en constante progression des artifices employés. Si vous appliquez au cyclisme les bons vieux principe de Carnot et calculez le travail fournit pour parcourir les quelques 20 étapes d’un tour de France, vous êtes face à une énigme : d’où provient l’énergie consommée ? Pas seulement de l’assiette du coureur !

Face à cet engrenage où l’inéluctable le dispute à l’hypocrisie des acteurs, organisateurs sous l’œil gourmand des spectateurs, les bailleurs font montre d’une pudeur de vierge effarouchée. Tout ce système ne fonctionne que parce qu’il y de l’argent pour faire marcher la machine et à contrario du football, ce ne sont pas les badauds agglutinés le long des routes qui financent le velo-business. Ce sont les sponsors.

Les bénéficiaires des grandes kermesses cyclistes sont des institutions dirigées par des managers instruits, informés et nommés pour leur compétence, n’en doutons pas. Ce sont aussi des hommes, pères, mères de famille qui savent les ravages sur les jeunes de la compétition dans ce sport. Ce sont-ils une fois posée la question, les dirigeants de France télévision, du Crédit Lyonnais, de la Française des jeux et de bien d’autres, pourquoi y a il si peu de grands-pères chez les cyclistes ?

C’est dommage, vous ne leur en avez pas laissé le temps !

 

 

 

 

 

 

 

 

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16 juin 2005 4 16 /06 /juin /2005 00:00

Ils n’ont pas fini de payer les conséquences de cette inconséquence. Rarement situation aura été plus compromise. On résume : Jacques, l’apologiste de la politique agricole commune, cette manne pour nos paysans reconvertis en agriculteurs, est désavoué par ces derniers qui lui ont tiré le tapis sous le pied. Comprenne qui pourra. Exclusifs bénéficiaires d’un système bureaucratique dont syndicats, exploitants et gouvernements n’ont de cesse de masquer les dérives, ils ont pour la majorité d’entre eux dit non à leur bailleurs de fonds : l’Europe.

 

 

 

Quelle ineptie a-t-elle frappée les collecteurs de toutes les aides, dérogations, subventions, prix garantis et autres mesures de soutien, qu’ils vivent de la terre ou de la mer, pour disqualifier le champion de leur cause ? L’on doute que Jacques ait ri de cette jacquerie là. Se sont-ils seulement comptés ces 2% qui s’attribuent plus de 40% du budget européen?

 

 

 

Déjà en difficulté avec les pays de l’est pour sa gauloise arrogance, en délicatesse avec les allemands pour son insistance à récréer un axe Paris Berlin, notre président se trouve tout démuni face au défi que lui pose Tony.

 

 

 

La PAC est à la France ce que la ristourne est aux grands bretons : une aberration. Mais quand Jacques accumule les échecs Tony surfe sur les succès. Le modèle honni du libéralisme à l’anglo saxonne ringardise le discours ni social ni libéral, ni de gauche, ni de droite, ni de nulle part d'ailleurs, du tandem Chirac – Villepin, qui tourne à l’imprécation.

 

 

 

Refusant la « Tatchériseration » de notre économie, impuissants pour rénover notre modèle social, nos dirigeants se réfugient derrière les jacqueries des catégories les mieux protégées pour quémander à Bruxelles davantage de subventions pour les plus turbulents. Mais quand la reconnaissance du ventre n’est plus au rendez vous il n'ont que le choix entre tirer leur révérence ou une nouvelle cure de démagogie. 

 

 

 

Lorsqu'aucune vision ne vient justifier d’une politique commune, lorsqu'aucun projet ne suscite l’adhésion, quel peut être le sens d’un budget européen si ce n’est de montrer à ses électeurs - percepteurs que dans ce jeu de dupes on est le meilleur ? On est en pleine crise, vraie crise de mauvaise foi.

 

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13 juin 2005 1 13 /06 /juin /2005 00:00

Vous prenez une berline. Supprimez le superflu, vous héritez d’une Logan.

 

 

Rien ne manque qui ne soit utile. C’est agréable à l’œil, plaisant à conduire, pratique à l’usage. Conçu pour des petits budgets, c’est même acquis par des gens aisés.

 

 

Sophistication du marketing qui par effet de balancier nous restitue l’objet dans sa simplicité !

 

 

Si la voiture se prête à ces dépouillements, il est aussi un monde où l’on rêve d’un retour aux sources : le monde de Bill Gates.

 

 

La comparaison avec la voiture n’est pas fortuite. Si Bill Gates fabriquait des voitures comme ses logiciels, il livrerait un modèle sans manuel du conducteur, insuffisamment testé, aux arrêts intempestifs, aux réactions imprédictibles et dont les schémas de réparation seraient tenus secrets. Ses systèmes d’exploitation et ses programmes d’application sont livrés avec pléthore de fonctions, d’options qui, quand elles ne sont pas redondantes, sont sans objet pour monsieur Toulemonde, mais non sans de multiples implications.

 

 

Implications sur le prix d’acquisition, premier effet de cet inflation, sur la complexité des produits et leurs difficultés d’installation, implications aussi par des incompatibilités de cohabitation avec d’autres logiciels, sans compter les problèmes d’évolution, les bugs de fonctionnement….

 

 

Alors on rêve d’une version de base de ces logiciels qui se sont au fil du temps imposés comme les incontournables : Windows, Word, Excel, version qui serait réduite aux seules fonctionnalités indispensables à la marche du PC, du traitement de texte ou du tableur et serait dépouillée de tous les gadgets qui encombrent nos écrans.

 

 

S’adressant à des particuliers et bâtis sur l’idée que la simplicité est un gage de facilité, de robustesse et de satisfaction, ces logiciels allégés seraient vendus à un prix décourageant le piratage. Si la Logan est construite avec la moitié des pièces nécessaires à une Clio, c’est avec moins de 20% des lignes de code d’une version étendue que l’on peut produire ces logiciels "minceurs".

 

 

Renault, vieux constructeur de voitures populaires, a su retrouver ses racines. MicroSoft, jeune éditeur hégémonique de solutions professionnelles, venu sur le tard au grand public, daignera-t-il descendre de son Olympe pour ouvrir le chemin à une informatique populaire ?

 

 

C’est le miracle que nous attendons du Dieu du logiciel pour ramener vers le monde du PC tout ceux que prix et complexité excessifs tiennent depuis trop longtemps éloignés de cette révolution.

 

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12 juin 2005 7 12 /06 /juin /2005 15:34

Chevaliers blancs comme ils aiment à se présenter, prédateurs comme ils sont souvent décrits, les frères ennemis du capitalisme à la française viennent coup sur coup de se montrer sous des jours peu flatteurs.

 

 

 

 

François Pinault, dans le rôle du mécène mal aimé, a délocalisé le centre d’exposition qu’il avait offert d’édifier sur l’île Seguin, lui préférant un palais vénitien. On ne lui contestera pas le droit d’implanter ses collections où bon lui semble. Seulement il justifia son revirement par le manque d’empressement des futurs bénéficiaires de ses largesses ; on n’aurait pas déroulé le tapis rouge avec le faste et la célérité dus à son rang. Alors, que nenni, empruntons la route transalpine et installons nos toiles à Venise ! Non sans avoir au passage fustigé nos ronds-de-cuir pour leurs incuries chroniques.

 

 

 

 

La vérité, quand elle se révéla, ne fut pas à l’avantage de notre preux chevalier dont les motivations parurent plus matérielles qu’artistiques dans ce simulacre de déménagement.

 

 

 

 

Son compère Bernard Arnault, et soi disant ennemi juré, ne s’étripèrent- t-ils pas entre autre pour le contrôle de Gucci, vient quant à lui de nous la jouer « principe de précaution ». Qui l’en blâmerait ?

 

 

 

 

Imaginez vous le, riche propriétaire d’un bel immeuble de 45.000m2 sur les bords de Seine, acquis pour une bouchée de pain, abritant un grand magasin qui prend l’eau, accumule les pertes et emploie plus de 1000 salariés, pour l’essentiel peu qualifiés ; question à 1 € : comment vous débarrasser de cette activité sans tomber dans le piège C&A qui défraya la chronique sociale de l’année 2002 quand sa direction décida de fermer tous ses magasins.

 

 

 

 

La réponse : vous jouez la sécurité.

 

 

Vous réunissez une commission ad hoc qui découvre providentiellement que tout ça pourrait bien brûler, et que personnel, chalands, tout serait grillé en quelques 7 minutes.

 

 

 

 

Quel propriétaire serait inconscient pour laisser ses salariés et ses clients courir un tel risque ? La décision de fermer est dès lors inévitable et c’est la mise à pied immédiate de 1000 salariés sans espoir de reclassement vu leur qualification.

 

 

 

 

Bernard c’est bien joué !

 

 

Plus la ficelle est grosse plus ça s’avale facilement. Il y aura bien quelques manifestations mais le syndrome C&A aura été évité. L’immeuble vidé de ses occupants pourra être rénové et générer une sympathique plus value. Les Assedic financeront le chômage du personnel dont la plupart ne retrouveront jamais d’emploi.

 

 

 

 

Bravo Bernard tu es encore meilleur que François.

 

 

Comment utiliser à son profit les incohérences de l’administration ? Arnault comme Pinault sont passé maîtres dans l’art de faire payer l’État et d’encaisser les plus values. Voir Pinault et le Crédit Lyonnais dans Executive Life, voir Arnaud et les Assedic dans l’affaire de la Samaritaine. Qui peut comprendre que ce magasin soit devenu inexploitable du jour au lendemain. Qu’il était encore conforme le 10 juin et que le 11 il soit devenu d’une telle dangerosité qu’il faille l’évacuer toutes affaires cessantes. C’est tout à l’honneur d’Arnault d’avoir su exploiter la brèche ouverte par des fonctionnaires tatillons et d’avoir piteusement refuser d’expliquer aux salariés que pour leur éviter de finir carbonisés, ils auraient dorénavant à piétiner aux portes des Assedic.

 

 

 

 

Enfin, pour des grands patrons du luxe, quel marque d’élégance !

 

 

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11 juin 2005 6 11 /06 /juin /2005 15:35

Dans le brouhaha médiatique récent l’information est passée preque inapercue. C’est pourtant   bien une révolution masquée sous une apparence anodine que ce 9 juin nous a offert : les français pourront désormais décider de ne pas se faire soigner sans que leurs médecins, leurs proches, soient poursuivis pour défaut de soin, perte de chance ou non assistance à personne en danger.

 

 

 

Dans notre pays profondément influencé par la morale chrétienne, le combat pour prolonger les personnes en fin de vie est souvent vécu comme un acharnement à leur imposer des thérapies sans respect de leur liberté individuelle. Mais ce 9 juin, les sages du Comité d’éthique viennent opportunément de replacer le patient au cœur du débat. Ils ont rappelé que l’individu autonome est le seul à pouvoir décider de la poursuite ou de l’interruption des soins.

 

 

 

Le point cardinal de cet avis qui doit encore être transcrit en jargon législatif est l’autonomie et la capacité du malade à être informé, c'est-à-dire à comprendre pour décider. Mais quelle avancée. Souvenons nous du chemin parcouru : la loi Kouchner, il y 3 ans seulement, a restitué au patient le droit de savoir, droit qui lui était fort chichement mesuré. Qu’il ait fallu attendre 2002 pour autoriser les patients à avoir accès aux données médicales les concernant donne une idée du moyen age dans le quel le milieu médical et le monde catholique,  longtemps très imbriqués, nous tenaient cloîtrés pour exercer en leur seul cosncience leur magistère.

 

 

 

Si le patient est reconnu propriétaire des informations médicales le concernant, si il a enfin obtenu le droit de décider des thérapies qu’il veut suivre, si il a depuis peu le droit de ne pas savoir, il ne reste plus qu’à lui rendre le droit de décider de sa fin. On reçoit la vie sans l’avoir sollicitée, ce qui ne justifie pas qu’il soit illicite d’y mettre un terme, comme cela est déjà admis dans de nombreux pays.

 

 

 

Et ne venez pas m’accuser d’écrire un plaidoyer en faveur du suicide. La réflexion à la quelle les français sont enfin conviés concerne le droit à la dignité ; il dépasse la question religieuse, il est de l’ordre du métaphysique.

 

 

 

Le balancier va dans le bon sens ; le mouvement paraît bien lancé. Il sépare les croyances  religieuses des connaissance médicales. Il laïcise le débat de la fin de vie en donnant la primauté aux considérations civiles. C’est le principe du non empiètement des magistères* qui lentement s’impose à nous, avec retard certes. Le droit est civil, la religion est privée. Le civil doit permettre le religieux et non pas l’inverse ; c’est ma définition de la laïcité.

 

 

 

Alors je dis beaucoup de bien de cet avis. C’est rare qu’un comité de sages fasse œuvre de progrès. Ne chipotons pas notre satisfaction : c’est un grand pas qui vient d’être fait pour une société laïque. Et plus anecdotiquement, c’est une aubaine pour la sécurité sociale. Tous ces traitements qui ne seront pas imposés c’est autant qu’il ne faudra pas financer.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

* Et Dieu dit que Darwin soit : Stephen Jay Gould Le seuil

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9 juin 2005 4 09 /06 /juin /2005 00:00

La cause est nationale, le gouvernement mobilisé, les ministres sommés de se décarcasser : de l’emploi, encore de l’emploi, toujours de l’emploi. Qui se risquerait à mettre un bémol à cette très Dantonienne incantation ?

 

 

Résumé des chapitres précédents : les français qui travaillent, environ 25 millions, en font vivre 37 millions qui ont de bonnes ou moins bonnes raisons de ne pas le faire. 5 millions sont immédiatement susceptibles d’occuper un emploi professionnel. Pas facile de motiver ces 5 millions puisque seul 40% du fruit de leur travail leur revient. Tout le reste n’est que  sémantique : qu’il s’agisse de prélèvement sociaux, d’impôts sur le revenu ou de cotisations retraite, tous ces mécanismes n’ont qu’un objectif : redistribuer de façon indolore le produit du labeur sur tous les ayant droit.

 

 

Si l’on reste prisonnier de ce jeu à somme nulle on ne fait que déplacer le problème. On ne se sortira pas du piège de cette équation comme le démontre, par l’absurde, l’absence de résultats des politiques suivies par tous nos gouvernements : 35 heures, départs en préretraite et tant d’autres mesures élaborées sur le principe des vases communicants avec en prime la construction d’usines à gaz au coût prohibitif.

 

 

Le néo malthusianisme qui sous entend ces politiques accouplé au néo socialisme de nos dirigeants - faisons leur la fleur du néo - a engendré un système hybride incapable d’exploiter les facteurs de croissance que sont naturellement les jeunes qui arrivent sur le marché du travail, les opportunités nées de l’élévation rapide du niveau de vie des pays voisins et surtout les gisements de productivité issus des progrès techniques

 

 

Les mesurettes permettant d’allonger la durée de la période d’essai, ou d’allonger le temps d’attente au guichet des ASSEDIC inciteront-elles les demandeurs d’emploi à accepter ceux qui sont disponibles. Cessons de ne poser le problème qu’en terme de volonté des entrepreneurs à embaucher et attaquons nous aussi à la motivation des demandeurs à accéder à un emploi rémunéré. Nos gouvernants, sans exception, sont tous des fonctionnaires, et n’ont aucune pratique du monde marchand. Fonctionnaires ils sont, en fonctionnaires ils raisonnent. Que connaissent ces gens de l’entreprise, de la psychologie des entrepreneurs, des risques de perte d’emploi. Ils font irrésistiblement penser à ces autres ministres qui discourent sur le mariage et le couple, vous savez, les ministres du culte. 

 

 

Il n’est pas besoin d’être clerc pour prédire à cet énième plan le succès des précédents. Le moins  grave n’étant pas le gel instantané des offres d’emploi. Messieurs les chefs d’entreprise, pourquoi, si ces mesures sont susceptibles d’avoir un effet, ne pas attendre qu’elles soient applicables pour créer vos emplois. Dans Cent Jours, après les ordonnances.

 

 

Monsieur le Premier Ministre vous avez été sobre, dommage que vous ayez parlé à contre emploi.

 

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8 juin 2005 3 08 /06 /juin /2005 00:00

Il n’est pas de jour, et celui ci ne fait pas exception, où leurs turpitudes ne s’affichent en caractères gras aux colonnes de nos quotidiens. On nous rapporte leurs outrages comme si une pandémie galopante frappait depuis quelques années beaucoup de nos justiciables. Le bas clergé n’est pas épargné, vous vous en étiez douté ! Des éminences sont aussi concernées. Des éducateurs, des professeurs sont convoqués pour se souvenir de la façon dont il y 20 ans ils dispensaient leurs leçons particulières, assurément trop particulières. C’était l’époque où un Peyrefitte pouvait évoquer des amitiés sans encourir les foudres de la bonne société. Des ballets il y en avait aussi, pas seulement chez Serge Lifar. Mais des cellules de soutien psychologique, point encore. C’est vrai, c’était avant mai 68, avant que des bataillons d’étudiants ne squattent sur quelques hectares du campus de Nanterre. Des avatars de cette usine à psys on dut bien en faire quelque chose et on créa les cellules de crise.

 

 

Le sujet est délicat certes. Même en avançant sur la pointe des pieds, vous m’avez vu venir : c’est de pédophilie qu’il s’agit et de sa prévalence dans nos sociétés. Quel  réconfort de savoir que face à cette perversion on est tous mobilisé ! Mais passée la nausée qui nous saisit à l’évocation de faits longuement colportés par les médias, on est pris d’un indicible malaise. Pourquoi tant d’intérêt pour des faits aussi abjects ? Pourquoi autant de cas aujourd’hui, si peu hier ? La perversion se répand t-elle sur le globe comme la syphilis au début du siècle dernier ? Retenir cette hypothèse oblige à rechercher la cause première de cette inversion et la refuser c’est admettre que les enfants d’hier ont tu les comportements des parents d’alors. Pan sur le bec, aurait dit le Canard !

 

 

Et si nos mentalités façonnées par le manichéisme ambiant nous imposaient une grille de lecture réductrice qui conduise à la lourde pénalisation de faits répréhensibles au nom d’un Bien et d’un Mal qui ne laisserait aucune place à l’imperfection humaine, et à la répression  excessive de comportements millénaires au risque d’anéantir ceux, qui par inadvertance, n’auraient pas mis à jour leur référentiel.

 

 

 Parce qu’à l’exception de quelques cas qui relèvent du sadisme et de la barbarie et doivent être traités comme tels, les pratiques stigmatisées qui entraînent de longues années de prison, sont gaillardement racontées par les meilleurs auteurs des bibliothèques familiales et repris avec beaucoup de complaisance par des échotiers ... qui s’en offusquent. Ça doit faire vendre.

 

 

J’ouis déjà des cris d’orfraie, que je suis un parent indigne, qu’à défendre des pervers on en oublie les innocentes victimes et que …et bien je persiste et signe surtout quand j’entends des enfants d’hier attendre 20 ans plus tard et se souvenir des sévices infligés par des grand pères aujourd’hui, alors je m’étonne de ces mémoires élastiques, de cette facilité à embastiller pour des délits lointains qui hier restaient impunis. Ces mouvements de balanciers entre laxisme et sévérité attestent de la difficulté de notre société à sanctionner ces déviations sans que les délinquants ne soient victimes d’une justice rendue à la roulette russe.

 

 

A être trop répressif on s’expose à un retour de balancier qui banaliserait ce qu’on criminalise aujourd’hui. Est ce le but ?

 

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3 juin 2005 5 03 /06 /juin /2005 20:55

Il y a les mots, les mots simples pour tous les jours,

Il y a les mots pour les artistes. Ils les manient, les triturent, les juxtaposent, les opposent et composent pour notre plaisir poèmes, romans et toute sorte de littérature. 

Il y a ceux des plumitifs, des échotiers, des scénaristes, des chansonniers, de tous ceux qui ne vivent que pour eux, de l’apologiste au verbicruciste, la liste serait longue.

Et puis il y a ceux des politiciens, ceux des petites phrases, des formules assassines. Ceux qui sont signés par François comme donner du temps au temps, ou empruntés par Jacques comme acadabrantesque. Et les plus nombreux, tous ceux aux quels plus personne ne croit ; ceux de toutes les lunes, de toutes les promesses qui ressurgissent lors de chaque grand messe érodés, dévalués, déjà archi consommés.

Je vous tairai ceux du moment ; on vous les mitraille, on vous les tambourine, on vous les assène : il ne manquerait plus que je vous les épelle.  Martiaux, ou flatteurs, ils vont toujours par paires : acquis sont les avantages, sociale est la protection, durable est le développement, forte est l’impulsion, grande est l’attente, éternelle est la France. J ’hésite à poursuivre car longue est la liste de ces mots qu’ils pacsent parce que si leur musique est douce, leur sens est à ce point évidés que tous y puissent puiser ce qu’ils espèrent entendre.

Seulement il n’y a que dans les allégories que la force du verbe déplace les montagnes. Pour l’avoir oublié un roi de l’incantation, récent premier ministre, a du rabattre du caquet, ce que son sémillant successeur au verbe péremptoire n’a semble-t-il pas capté en plaçant la barre très haut : « quand c’est difficile tout est possible » nous a-t-il confié, version gaullienne d’un désuet «à cœur vaillant rien d’impossible». Ils s'épuisent les uns les autres dans cette infernale quête du mot qui marque, qui frappe, qui étonne, du superlatif définitif qui englobe tout.

 

De cet art franco-français, un seul connait toutes les finesses, a joué de tous les registres,  a déjoué tous les pièges, est passé Maître, c'est Devos. Le magicien de l'absurde c'est lui. 

Qu’attend-il, Jacques, pour le nommer à Matignon ?  

 

 


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25 mai 2005 3 25 /05 /mai /2005 16:48

Le créationnisme, c’est tendance ; chez les Bush men ça fait même fureur. C’est encore de l’hébreu pour vous ? Laissez moi vous affranchir. C’est la doctrine selon la quelle la Bible est à prendre au pied de la lettre. Dieu créa le monde en 6 jours et pris sa RTT le 7 ème. Vous souvenez vous de la pomme, du serpent et d’Ève la femme de la côte ? Alors vous y êtes.

C’est vrai que ça fait un peu BD, on a tous souri au catéchisme imaginant Noé à la barre de son arche, ou grimpant 4 à 4 les marches de la tour de Babel, ou Aaron faisant un barbecue avec un veau d’or !

On avait compris, vite pour la plupart, plus tard pour d’autres que la Bible c’est comme Noël ; il faut laisser croire aux autres qu’on y croit mais on savait que ce n’était pas pour de vrai. C’est allégorique !

Alors on a fait des recherches, on a cru que l’homme venait d’Asie mineure, puis on l’a retrouvé en Afrique de l’est. On l’a cru fils de Lucy, pour le découvrir descendant  d'Homo floresiensis habitant d’une caverne de l'île de Flores, (est de Java, en Indonésie). Mais Adam et Ève n’y étaient pour rien et la Genèse , cette belle histoire à raconter aux enfants, se retrouva dans les étagères à coté des contes de Grimm.

C’était avant Bush et bien après que Pasteur eut jeté aux orties tout ce qui de près ou de loin ressemblait à une génération spontanée. Darwin organisa tout ça et doctement expliqua les mécanismes de l’évolution par la sélection naturelle. Plus personne ne songea à s’opposer à sa théorie et même l’Église dès la fin du XIX siècle tint pour acquis le principe de l’Origine des Espèces, mâtiné d’un peu d’hérédité des caractères acquis. Intégrant les découvertes issues de la génétique le néo darwinisme sert aujourd’hui de support théorique aux études sur l’origine de l’homme. Naturellement les scientifiques peuvent se tromper.  Darwin n’échappe à la règle. Beaucoup reste à comprendre mais aucun paléontologue ne relut la Genèse pour y trouver le chaînon manquant.

C’était compter sans le réveil du Malin. Lové dans quelques recoins de l’Arizona depuis sa sortie de l’Eden il envenima la campagne électorale aux États Unis s’arrogeant le droit de valider ou d’interdire d’enseignement tout ce qui n’était pas strictement issu de la Genèse. Il effara les honnêtes gens par sa propension à ré écrire l’histoire de l’homme en gommant tous les faits avérés et en imposant une lecture primaire des textes d’inspiration religieuse. En Europe, on se gausse, le créationisme n’y est pas dévastateur, du moins pas sous cette forme. 

Car l’obscurantisme n’a pas qu’un seul visage et des adeptes outre atlantique. On en croise aussi dans nos contrées et aux abords de nos champs de maïs.

Et si vous êtes choqués que certains veuillent nous faire commencer le Monde il y tout juste 10.000 ans et si vous pensez qu’Adam n’a pas été façonné dans la glaise et qu’Ève n’est pas seulement la fille de la côte mais d’abord la petite fille de Lucy, alors demandez à ces gens qui trouvent juste de chasser de chez eux un peuple nomade, de prendre leurs terres et de refuser de les leur restituer, au nom de quoi agissent-ils ?

Au nom de la Bible , n’est ce pas ?

 

 

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