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27 mars 2007 2 27 /03 /mars /2007 21:37

Une tronche à décrocher un oscar, une gouaille de titi bien élevé, un coiffeur aux abonnés absents c’est la dernière recrue de Sarkozy, un homme d’affaires milliardaire à la fibre sociale. C’est l’anti gauche caviar. Le Borloo s’est fait attendre, en maîtresse capricieuse laissant fulminer son mâle, évitant l’esclandre qui aurait compromis son statut de diva et l’aurait condamné à être racolé par le petit béarnais.


C’est un illusionniste qui rejoint la dream team du nouveau Nicolas. Sa caution de gauche alors que c’est à droite que l’électorat se fait réticent. Ce n’est pas au premier tour que l’on fait le grand écart. La France solidaire c’est un pâle remake de la fracture sociale. Borlo nous la rejoue Chirac : on a vu en 1995 l’impossible synthèse entre les obligations de la modernisation et les illusions de la prorogation d’un modèle social fossilisé.


Borloo sait que sa caution vaut plombage. Foin de modernité, foin de rupture, son onction c’est du venin chiraquien. Comment oser la rupture avec un modèle suranné, comment se sortir du piège de l’Etat protecteur et omniprésent, comment être Tatcher quand on est l’otage d’un radical socialiste grand teint.


Piégé, par ce Tapie façon Chirac, Sarkozy a reçu ce soir le baiser de Judas.

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27 mars 2007 2 27 /03 /mars /2007 14:57

C’est un coup d’arrêt que la Cour d’Appel de Bordeaux vient de donner aux aigrefins dont la rapacité avait franchi les bornes de la décence.


L’exploitation de la souffrance des juifs est devenu une industrie* depuis que Jospin, renversant les précédentes jurisprudences, avait entamé une repentance achetant les indulgences de la communauté juive spoliée par l’état français sous l’occupation. L’État s’engagea à verser aux descendants des victimes de déportation des indemnités au titre des biens séquestrés.


La boite de Pandore ainsi ouverte, la famille Lipietz flaira le bon filon : la voie du rail. Elle  menait à la SNCF une proie tentante pour les justiciers de la dernière heure. N’avait-elle pas transporté les victimes des rafles que Vichy avait organisées dans les années sombres de son gouvernement.


L’État a spolié de nombreux citoyens tout au long de son histoire chaotique : les nobles le 4 août, les pieds noirs lors des accords d’Evian pour ne prendre que deux exemples emblématiques. On n’appelle ça la raison d’État.


L’arrêt de la cour met un point que l’on espère terminal à une honteuse opération de valorisation sur le dos du contribuable du prix des larmes que les familles des déportés n’avaient pas attendu pour verser.


La morale est sauve, les profiteurs en seront pour leur frais, la shoah a fait suffisamment de victimes pour qu’on ne ternisse pas son image en s’enrichissant.

 


Relire :  Du beurre pour un Vert


Un Euro symbolique

 

* L’industrie de l’Holocauste, par Norman G. Finkelstein, chez La fabrique, préfacé par Rony Brauman

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27 mars 2007 2 27 /03 /mars /2007 10:26

Mille heures. C’est l’équivalent d’un mi temps d’emploi protégé. C’est l’enjeu de la grève de la CGT qui paralyse le port de Marseille depuis 14 jours. On pourrait gloser encore sur cet anachronisme franco français, sur ce vestige de l’illusion communiste qui pourrit les relations sociales, sur les nuisances subies par l’économie locale, sur les monopôles syndicaux qui perdurent dans le monde portuaire, le monde de la presse… et ont hâté des délocalisations, détruit des emplois…non, on les a souvent stigmatisé, on a dénoncé les privilèges exorbitants des dockers, leur népotisme institutionnalisé et on a attendu que le relais soit pris par les hommes politiques… en vain !


Des carpes !


Certes ces exactions les font bouillir, exaspèrent leurs électeurs, minent leur crédibilité, mais silence, un candidat à la présidentielle ne commente pas une grève des dockers, pas plus qu’il ne critique des professeurs qui refusent de faire passer le bac blanc pour maintenir leur 17 heures, pas plus qu’il ne s’élève contre des cheminots qui pourrissent la vie des banlieusards pour prendre une retraite à 50 ans. C’est tabou.


Explication.


Le premier qui exprimerait son ras le bol, son indignation, sa sollicitude pour les victimes, otages d’une poignée de nantis se verrait sur le champ accuser par tout ce que la classe politique compte de couards de dresser les français les uns contre les autres, de jouer la division du monde du travail, de saboter l’unité nationale.


Voilà l’enjeu.


Alors dissipons les malentendus. Puisque les électeurs attendent de leur Président qu’il se mêle de tout, de la sécurité, de l’éducation de leurs enfants, de la circulation les jours de neige et bien entendu de leur trouver un emploi alors il doit dénoncer tout ce qui nuit au travail, toutes les murailles, les bastilles, vestiges d’un temps où le chômage n’existait pas.


Peu importe au final si cela défrise quelques corporations, qui n’ont cure de l’intérêt général comme le montrent leurs grèves à répétition – peu importe si des démagogues se précipitent pour soutenir ici des dockers, là des roulants au nom de la sauvegarde des avantages acquis. Le candidat qui remettra la France au travail, c’est celui qui abattra ces murailles, prendra ces bastilles, brisera ce tabou au nom du quel on ne dresse pas les français privilégiés contre ceux qui veulent travailler.


Ce candidat ce n’est certes pas Bayrou, le co-gestionnaire, ni Royal, encore qu’elle en aurait les tripes, mais la sociologie de son électorat le lui interdit.


Serait-ce Sarkozy ? Alors on se tait, on l’écoute !

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26 mars 2007 1 26 /03 /mars /2007 14:16

Il peine à faire le plein. Il recrute pourtant à droite comme à gauche mais aucune pointure n’a encore rejoint le béarnais. Alors faute de gros calibre, faute de locomotive il enrôle les seconds rôles, ceux dont les états de service étaient restés confidentiels au point que leur patronyme semble sorti d’un fond de tiroir.


C’est le cas d’un ministricule, dont les performances dans son ministère lui avaient épargné les feux de la gloire. Il lui aura fallu cette désertion de l’UMP sur la liste de la quelle il était élu, pour que cette action d’éclat, à chacun son titre de gloire, le sorte d’un anonymat où il était condamné à croupir pour le reste de son mandat.


On taira le nom de cet indélicat. Il fut sous ministre dans un domaine que connaît bien Bayrou pour y avoir séjourné 4 années durant, avec la même efficacité. On s’interroge dans les deux cas : mais qu’ont-ils donc fait de tout ce temps passé ? Serait-ce cette propension partagée à l’immobilisme qui les rapproche aujourd’hui ?


En voila un au moins dont la force d’inertie trouvera tout loisir de s’exprimer, et dont les vacances risquent fort de se prolonger.

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25 mars 2007 7 25 /03 /mars /2007 20:55

Une force de conviction au service d’un pouvoir très personnel. Jamais sans doute la plus haute charge de l’Etat n’aura autant été en danger d’être détournée par une personnalité incontrôlable.


On ne moquera pas la performance qu’elle a accomplie en se hissant seule ou presque dans le ticket gagnant. Rien n’est fait, mais son absence au second tour, si elle reste possible, semble d’autant moins probable que le challenger béarnais voit sa baudruche se dégonfler, incapable qu’il est d’inscrire dans la durée le coup médiatique qui l’a vu taquiner les candidats du PS et de l’UMP.


Le cas Royal est intriguant. Cornaquée par les éléphants elle glisse dans les sondages, mais qu’elle lâche ses mentors et Mme Royal reprend du poil de la bête. Foin  de cohérence, oubliés les propos tenus dans le passé, c’est la Royal du jour, voire de l’instant qu’il faut croire. Ne cherchez pas à la mettre en contradiction avec ses propres déclarations : là n’est pas le sujet. Elle a le droit de changer, puisqu’elle est à l’écoute des français dont chacun connaît la versatilité. A cette aune là, inutile de lui demander un avis sur le nucléaire – les investissements s’y décident sur un horizon d’au moins 50 ans – son horizon à elle n’excède pas la fin de l’émission.


N’imaginez pas qu’elle en soit désemparée, vous risqueriez plutôt d’en sortir déstabilisé.


C’est cet électron  insaisissable qui pourrait être propulsé aux plus hautes destinées de l’Etat. Ni socialiste ni libérale, ni idéologue ni opportuniste, Royal est un produit de politique fiction dont les  concepteurs ont perdu le mode opératoire.


Elle ne roule plus que pour elle, libérée de sa tutelle elle prend le peuple à témoin avant de le prendre en otage. La V ème république est taillée sur mesure pour une intrigante formée par le plus monarchiste des présidents, elle se voit déjà en Royal Présidente de France, comme son affiche électorale nous en donne la primeur.

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25 mars 2007 7 25 /03 /mars /2007 10:59

Ce 25 mars ne marquera pas le jubilé dont auraient rêvé en 1957 les signataires du traité de Rome. Un demi siècle après cet acte de foi dans la capacité des 6 vieilles nations à dépasser leurs antagonismes séculaires les dignitaires européens qui aujourd’hui échangent des toast à Berlin ne seront pas présents demain dans les livres d’Histoire. Ils portent eux et leurs récents prédécesseurs la responsabilité de l’échec du projet européen.


La raison en est simple : au lieu de poursuivre la construction d’une communauté européenne, ils ont eu l’arrogance de prétendre  bâtir l’Europe. Tout est dans l’appropriation de cette dimension historique et continentale en lieu et place d’un modeste mais bien réel pacte européen. Les politiciens qui ont commis le sacrilège de se prendre pour des dieux capables de reconfigurer un continent façonné par des millénaires d’histoires nationales ont agi comme des apprentis sorciers.


L’Europe, elle, échappe à leurs petites combinaisons mercantiles et restera une terre inappropriable à l’ouest de l’Oural.


N’allons pas chercher plus loin le désamour pour un projet fumeux qui n’a jamais réuni de consensus sur sa finalité, et pour cause, il n’en avait pas. La magie du mot « Europe » a pu bercer d’illusions quelques europhiles utopistes adeptes de la méthode Coué. Mais il aurait fallu une conviction autrement chevillée que l’agitation de miroirs aux alouettes pour entraîner l’adhésion viscérale de peuples tout juste ressuscités du glacis soviétique. Qu’allaient-ils abandonner le privilège d’une identité retrouvée au profit d’un magma à l’introuvable épicentre anglo franco germanique ?


Ici les candidats à la présidentielle sont incapables de définir pour notre usage interne ce que recouvre notre identité nationale, alors « faire l’Europe » selon le détestable jargon eurocrate ne pouvait susciter l’enthousiasme de jeunes nations avides de redécouvrir leurs passés nationaux. On comprend que la construction européenne soit l’absente de ces élections.


Pour avoir ignorer chez ces jeunes nations l’importance du poids de leur Histoire et s’être imaginés capable d’offrir une alternative « historique » à ces pays émergents les promoteurs d’une communauté à 25, puis 27 ont ruiné le projet européen dont ils étaient les héritiers.


Qui osera dire aujourd’hui que le retour à des bases solides est le devenir de l’idée européenne. Qui osera admettre qu’il faut effacer tout ce qui s’est fait depuis Maastricht et détricoter un patchwork qui n’a plus que la force molle d’une illusion.


Lire aussi :  L'absente

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Published by Candide - dans International
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24 mars 2007 6 24 /03 /mars /2007 15:26

C’est la discrimination positive façon gauche pleureuse.

Dans un bistrot en ce milieu d’après midi une quidam s’oppose à des policiers qui embarquent un chinois pour absence de papiers. C’est dans le 19 ème arrondissement, un groupe désoeuvré prend à parti les forces l’ordre, caillasse leur fourgon et se retrouve au poste, la quidam avec.

Que pensez vous qu’il advint ? La gauche éternelle laïque et compassionnelle prend fait et cause pour la quidam qui s’avère être directrice d’école. Mais que faisait-elle au café ?

Toutes les voix s’élèvent pour exiger la fin de la garde à vue de la maîtresse d’école dont la hargne s’est exprimée par des dégradations sur le véhicule des agents. Dans cette ambiance de « touche pas à mes pôtes » la quidam est relâchée.

Bayrou, Royal et des candidats nains entonnent le grand air des libertés bafouées et sans rien connaître à l’affaire s’en prennent aux agents chargés de faire respecter la loi et à leur ministre, Sarkozy. Les syndicats d’enseignants s’indignent, les associations de parents se mobilisent, les bonnes âmes s’offusquent et les pros de l’agitation médiatiques font résonner leur porte voix. « On ne touche pas à une directrice d’école », entendons nous clamer. Un enseignant ne saurait être mis en garde à vue ! On est tous égaux face à loi, mais pour la gauche les profs qui tabassent les flics sont encore plus égaux. Ce sont des intouchables.

Alors félicitons cette directrice d’école qui exerce ses talents au café du coin, qui pratique les techniques de close combat face aux policiers et qui harangue les badauds pour casser du flic. On croyait que les profs avaient cessé le travail récemment parce qu’ils refusaient qu’on leur impose des missions complémentaires. Mme Boukobza est en avance sur son temps, elle a clairement plusieurs cordes à son arc.

Qu’attend le ministre de l’éducation pour lui offrir une promotion ?

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Published by Candide - dans Libre Cours
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24 mars 2007 6 24 /03 /mars /2007 09:53

Peut on avoir raison contre tout le monde ? Est-on crédible quand on crie au loup en restant le cul assis sur sa chaise ?


Seulement deux questions que l’on doit poser à Jean Marc Jancovici après avoir lu l’édition en format poche de son « Le Plein s’il vous plait ».


Monsieur Jancovici nous prend par la main et nous entraîne dans un raisonnement imparable : au prix actuel de l’énergie le monde court à sa perte. Il n‘est qu’a accepter le postulat selon lequel le réchauffement climatique est causé par les activités humaines, activités énergétivores, pour nous conduire droit à l’apocalypse. L’évitement de ce scénario n’est possible que par une hausse forte et continue de la principale source d’énergie fossile : le pétrole. Et de proposer de porter le prix du litre d’essence à 4€ dans les délais les plus brefs pour nous éviter de recevoir le ciel sur la tête.


La logique est sans faille, ou presque. La loi du marché n’étant pas suffisante selon l’auteur pour ajuster le prix du pétrole à sa raréfaction, il propose de le surtaxer pour que les agents économiques adaptent leurs activités à cette nouvelle donne, selon bien entendu la loi du marché qui reprend tous ses droits. Comprenne qui pourra !


On peut être polytechnicien et voir le monde par le petit bout de la lorgnette. L’énergie fossile se raréfie, c’est une évidence. Mais utiliser les techniques d’extrapolation sur des périodes longues (50 à 100 ans) aurait conduit à prévoir que les parisiens du temps d’Haussmann allaient sous peu déambuler dans une épaisse couche de crottin. Le cheval vapeur en se substituant au percheron leur a épargné ce désagrément.


L’intérêt de l’ouvrage est dans la démonstration que l’idéologie ne fait pas bon ménage avec la futurologie. Ne s’improvise pas Alvin Toffler qui veut. On peut être attentif au devenir de la planête sans devoir troquer son automobile pour un char à bœufs. Et faire confiance à la providence qui depuis Malthus donne tort aux cassandre.



* Le Plein s’il vous plait, Jean Jancovici, Alain Grandjean, aux éditions du Seuil
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Published by Candide - dans Bonnes feuilles
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23 mars 2007 5 23 /03 /mars /2007 18:00

 

Les jeux ne sont pas encore fait que l’on peut sans craindre d’être désavoué par les urnes annoncer la reconfiguration du paysage politique.


Le lendemain du second tour sera cruel pour la gauche. Les deux partis qui ont façonné notre vie politique pendant plus d’un demi siècle vont subir le contre coup d’un rejet massif des options qu’ils représentent par un électorat peu dupe de leurs vieilles lunes.


D’abord un parti à la dénomination incongrue, si ce n’est provocatrice. Un parti qui se prétend communiste, alors que cette idéologie ne peut plus régner qu’à l’ombre de quelques sanglantes dictatures. Le parti de Mme Buffet va sombrer avec sa secrétaire. Ses oripeaux et ses dépouilles seront disputés par des ayant droits incapables de s’entendre avant l’élection sur la présentation d’un candidat commun et dont on sait qu’il se déchireront pour faire main basse sur le trésor du PC. Les municipalités rouges et le flux financier associé assureront à ceux qui se l’approprieront un trésor de guerre propre à exciter les convoitises des vautours qui guettent les derniers spasmes du moribond.


La gauche de la gauche défendra ses idées aux antipodes de l’économie de marché. Elle continuera à laisser croire que les libertés peuvent être préservées quand l’économie est dirigée. Alors que nulle part cette chimère ne s’est concrétisée. Elle prétendra distribuer sans expliquer comment elle peut produire. Elle invoquera la main mise sur le capital des grandes sociétés en oubliant que les flux informels peuvent se délocaliser instantanément et assécher la substance vive des entreprises industrielles et plus vite encore celle des entreprises du tertiaire. La possibilité d’une mondialisation avec un secteur productif nationalisé n’est pas une illusion c’est une utopie. L’autarcie serait la solution mais à quel prix ?


La gauche du PS qui a refusé l’aggiornamento réalisé par les partis socialistes européens viendra grossir les rescapés du PCF aux quels les anti libéraux d’extrême gauche se rallieront pour bénéficier de la manne communiste au soir de l’annonce de son décès. C’est dans un nouveau parti anti libéral situé aux limbes de l’archaïsme et de l’utopie que vont se réunir les Besancenot, Fabius, Emmanuelli et Laguiller et autres Bové pour « trotskyser » en rond.


Quand au parti d’Epinay, il est aussi en voie de désintégration. Sa culture du compromis lui a permis de survivre au séisme du non à  la constitution européenne. Mais la scission entre les partisans de l’économie de marché teintée de quelques additifs keynésiens et les nostalgiques de l’économie dirigée est inscrite dans l’après 8 mai. Le rabibochage à des fins électoralistes du congrès du Mans ne résistera pas à l’échec de Marie Ségolène. Les sirènes de Bayrou n’auront fait que mettre en évidence le schisme qui couve au PS. L’implosion du parti en une frange social démocrate et un groupe étatique ne serait évitée que si les urnes donnaient au PS une majorité de députés. Mais alors comment conduire les réformes promises par un candidat de droite ou du centre si l’assemblée nationale était à gauche. Une dissolution viendrait mettre un terme à ce bégaiement.


L’aggiornamento tant attendu est donc pour demain. Au PS comme à l’UDF ils s’y préparent fébrilement. C’est la chance de Bayrou. Son parti croupion est condamné à la figuration lors des législatives qui suivront le 6 mai. Mais son statut de présidentiable lui donne un insigne avantage sur son concurrent du PS, Strauss Kahn. Nul doute que le béarnais saura profiter du momentum acquis par sa performance inattendue du premier tour pour tenter l’OPA à son profit. On le voit déjà grand chef de l’opposition, le ténor du non ! D’ailleurs la posture d’opposant lui sied comme un gant. Lui dont on cherche en vain à citer une seule réalisation, hormis de ne pas avoir voté le dernier budget. Il a réussi à se faire un nom en critiquant, jamais en proposant. Le voila en futur chef de la gauche sociale démocrate, sous réserve de ne pas indisposer les éléphants survivants. Lui qui parle à l’oreille des chevaux devra témoigner que ses qualités ne s’arrêtent pas à la porte de ses écuries. C’est autre chose que de se coucher devant les syndicats.


Une France politique reconfigurée : c’est la clarification que cette élection va apporter. Deux partis au centre. L’UMP, centre droit héritier d’une tradition nationale et libérale, un UDF/PS reformaté en parti social démocrate au centre gauche, défendant les valeurs sociales dans une économie ouverte sur le monde réel et deux partis aux extrêmes sans vocation à gouverner.


L’alternance entre les deux formations du centre sera la clé de cette nouvelle donne. L’alternance que Bayrou propose de jeter aux orties s’impose en suite logique de sa stratégie qui a précipité l’implosion du PS.


Il n’en est certainement pas conscient, encore à la chimère de son impossible élection. Il devra se réveiller vite car au lendemain de son échec du 22 avril, il aura peu de jours pour abattre ses cartes et créer une dynamique de repolarisation autour de son camp. L’alternance c’est sa seule chance d’être président… en 2012. !

 

 

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23 mars 2007 5 23 /03 /mars /2007 08:18

On avait fini par oublier cette règle de bon sens que l’ancien premier ministre avait imposé aux membres de son gouvernement. Un legs dont il peut s’enorgueillir, même si ses successeurs l’ont rapidement rangé au magasin des accessoires inutiles.


Il s’agissait alors de donner onction à la justice en dépit de la présomption d’innocence, à la quelle tout mis en examen a droit. Être accusé par un juge d’un délit n’est pas fait à la légère. Balladur considérait donc que la présomption de culpabilité devait entraîner la mise à l’écart de l’impétrant jusqu’à ce que son innocence soit établie, ou réfutée.


Édictée à une époque où les affaires foisonnaient, cette jurisprudence, hommage rendu à l’institution judiciaire, mériterait d’être considéré pour le cas que l’actualité nous propose aujourd’hui.


Le groupe Total dont le dirigeant déjà sous le coup d’une instruction et aujourd’hui à nouveau mis en examen, garde sa confiance à Monsieur de Margerie. Soit.


Ce personnage se trouve au cœur d’un conflit entre pratiques morale et droit où à l’évidence il a privilégié les premières au détriment des suivants. Tout comme un loubard de banlieue il s’est affranchi des contraintes qui pouvaient nuire à l’efficacité de son commerce pour user des ficelles usuelles dans son métier.


Mais monsieur de Margerie n’est pas n’importe qui. Il est à la tête du navire amiral du capitalisme français. Il est devrait être l’emblème de la réussite personnelle et professionnelle, une image, une icône.


Et qu’offre-t-il ?  Un pied de nez à la justice. Il défie celle de son pays et montre que les zones de non droit ne sont pas limitées aux banlieues du 9-3. Elles s’étendent jusqu’au cœur de la Défense.

 

Déjà mal aimé des français pour sa calamiteuse gestion du drame AZF et du naufrage de l’Erika, Total aggrave son cas en se situant au dessus des lois. Que le conseil d’administration du groupe et son président aient nommé un dirigeant compromis dans des transactions probablement illicites, qu’il le maintienne contre vents et marées quand une seconde affaire éclate, prouve le strabisme dévastateur dont sont victimes ses administrateurs. D’un coté les exigences de la morale du droit et du respect de l’État, de l’autre la poursuite du business quel qu’en soit les compromissions, les méandres, les arrangements…

 

Ah si Balladur pouvait présider Total !

 

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Published by Candide - dans Economie
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