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1 juillet 2005 5 01 /07 /juillet /2005 00:00

C’est un micro détail, même qu’à l’échelle de l’univers c’est incommensurable. C’est publié par « Nature* » ce qui fait ce que ça n’a pas échappé à notre sagacité, parce que ce n’est pas chez les écolos qu’on aurait glané l’info. Et pourtant ce sont bien les verts qui sont visés par ce rectificatif. Car a contrario de tout ce qui avait pu être dit, écrit, et à rebours de toutes les hypothèses, de toutes les certitudes, les aérosols, loin d’être responsables de tous les maux qu’on leur prêtent, contribuent à réduire l’effet de serre. Tout ce qui a pu être dit dans le sens contraire est à passer par pertes et profit.

 

 

Pour que cet incipit ne reste pas hermétique, je vous dois quelques explications : quand les rayons du soleil piégés par les gaz d’aérosols ne peuvent s’échapper de notre Terre, la température augmente et les cataclysmes suivent : Nino, ouragans, tempêtes, canicules, tsunamis et tutti quanti. De cette thèse universellement répandue les savants écolos ont conclu : arrêtons de vaporiser, de brumiser, de pschipschitter,  ça contribue à la dégradation de l’environnement et au réchauffement de la planète.

 

 

Ce sont ces pseudo certitudes qui viennent d’être balayées ; pas par une tornade ni par un cyclone, mais par la fine fleur des scientifiques anglo-saxon qui vient de mettre en évidence un effet parasol qui contrecarre le célèbre effet de serre.

 

 

C’est seulement un exemple, mais c’est emblématique des manipulations dont nous sommes aisément les victimes. La vérité incontestable d’hier est l’hérésie de ce jour. Les lanceurs d’anathème deviennent des faussaires devant monsieur Toulemonde qui tour à tour est pris  à témoin, sensibilisé, dénoncé et n’en peut plus d’être culpabilisé pour ses comportements bien anodins.

 

 

Messieurs les prétendus savants qui pérorez du haut de votre science,  ayez la modestie de vous souvenir que les certitudes d’aujourd’hui seront les erreurs de demain. La Terre se réchauffe,  les ressources s’épuisent, la pollution s’étend : la planète court à sa perte, soit ! Mais le simple bon sens nous rappelle que pour tout effet de serre il existe un effet parasol et que les discours alarmistes se nourrissent d’abord de l’obscurantisme de leurs auteurs.

 

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30 juin 2005 4 30 /06 /juin /2005 00:00

Les essais cliniques les ont validés, l’administration compétente les a autorisés, les laboratoires peuvent enfin les distribuer. Ce sont des médicaments pour les blacks. Si je ne dis pas Noirs ce n’est pas pour  parler petit nègre, c’est parce que c’est en Amérique que tout ceci se passe. Et que chez nous ça ne se passera pas comme ça !

 

 

Toute l’idée avec ces traitements c’est que les Noirs ne réagissant pas comme les jaunes ou les blancs, les laboratoires ont développé, testé et mis sur le marché des produits adaptés à leur phénotype. Il y a longtemps que l’on a identifié des facteurs de susceptibilité et qu’il est statistiquement démontré que les populations caucasiennes – pour ne pas dire les Blancs – ne réagissent pas comme les afro américaines – pour ne pas dire les Noirs, face aux risques de développer des cancers, des maladies cardio vasculaires ou d’être atteintes du SIDA. Ces différences d’origine multi causale, génétique, mais aussi environnementale et culturelle sont prises en compte dans une médecine personnalisée pour offrir la réponse thérapeutique la mieux adaptée à chaque sujet.

 

 

Si aux États Unis il est possible d’affirmer cette différentiation et de créer le BiDil* réservé aux Noirs souffrant d’insuffisance cardiaque, en France où l’on ne pratique pas de discrimination une telle démarche est prohibée, même qu’elle tomberait sous le coup de la loi. Il n’existe ni Noir ni Blanc et toute tentative de rattacher un comportement à une couleur de peau est sanctionnée par les tribunaux.

 

 

Étonnant retour du balancier, les États Unis où la ségrégation était légale il y a tout juste 50 ans nous donnent des leçons de tolérance au chapitre de la reconnaissance des différences raciales. Car le mot est lâché, c’est bien le concept de race qui resurgit à travers cette affaire du BiDil et l’évolution d’une médecine personnalisée vers une médecine racialisée, ce dont nos bonnes âmes ne veulent point entendre parler.

 

 

A nier l’évidence, à s’entourer de concepts flous de peur de défriser des tignasses trop crépues, à proscrire le mot race dans tout document officiel au prétexte qu’il induirait une hiérarchie, on interdit aux minorités de bénéficier des avancées de la pharmacogénétique et de toutes les techniques dérivées de la génétique appliquées à des segments de population.

 

 

Qu’il était bon le temps où on pouvait impunément dire : « Y a bon Banania ! »

 

 

 

* BiDil : La FDA vient d’autoriser la société Nitromed à commercialiser cette molécule exclusivement aux Noirs, atteints d’insuffisance cardiaque.

 

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29 juin 2005 3 29 /06 /juin /2005 00:00

Il y a du panache, peut être même une once de forfanterie dans cette escapade à la Courneuve. Ce n’est pas le vaillant prédécesseur qui aurait fait le déplacement dans ces lieux d’insécurité. C’est houleux et réconfortant de voir un ministre venir parler aux beurs comme le président le ferait avec ses paysans. Le débat s’est déplacé, ce n’est plus de nettoyer la Courneuve , le débat c’est tant qu’il y aura des Courneuve il y aura des zones de non droit et que sur ce terrain là Sarkozy en fait un peu trop.

 

 

Notre ministre c’est fait le roi des fausses bonnes solutions. Aux victimes des récidivistes il a proposé de supprimer les libérations conditionnelles, mais pas les libérations ce qui sur le fond ne change rien à la remise en liberté des criminels ayant épuisé leur peine ; à ceux que le pied démange il offre un supplément de radar pour calmer leur propension aux excès de vitesse, mais de supplément en supplément on aura évité de réduire la vitesse à un simple facteur aggravant, et de traiter les causes premières des accidents ; et pour calmer ceux qui résident au milieu des sauvageons il propose de déplacer les sauvageons …

 

 

A ce rythme là on peut avoir plein d’idées mais il ne faut pas s’attendre à beaucoup de résultats. Le temps de la bravache terminé on ne pourra que constater que tout se passe comme si il ne s’était rien passé.

 

 

C’est le pronostic que l’on peut formuler après les récentes saillies de Sarkozy, sans prendre beaucoup de risque. Dommage qu’un personnage aussi talentueux glisse dans le populisme avant même d’y être contraint. Chirac son mentor y sombra certes mais ce fut sur le tard.

 

 

Mais peut être est-ce auprès des beurs que la grande élection se jouera. Il a sans doute jugé qu’il n’était pas trop tôt pour se faire l’agent des beurs et récolter le quinquennat

 

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28 juin 2005 2 28 /06 /juin /2005 00:00

Pour une révolution c’en est une. Les français ne seront plus juges de leur médecin. Jugez vous même. Jusqu’à ce jour le patient ou celui qui s’estime tel pouvait papillonner de médecins en médecins et butiner quelques médicaments ici, quelques prescriptions là, de toute façon ça ne lui en coûtait rien.

Courageusement le précédent ministre décida de mettre un terme à cette gabegie considérant que tout médecin étant un bon de médecin on ne pouvait demander à la communauté de payer pour les boulimistes de la consultation.

Il faudrait dès lors choisir son médecin référent et taxer la consultation chez un autre praticien. Il faudrait aussi passer par son médecin traitant pour être admis à consulter un spécialiste. Sauf à être pénalisé dans ses remboursements.

Cela parait simple ou du moins rationnel puisque le but n’est pas d’améliorer la qualité des soins mais de freiner les dépenses de l’assurance maladie. C’était un premier pas, c’était indispensable pour recadrer les dépenses médicales. Encore fallait-il que le recours à un médecin tiers soit pénalisant, pas marginalement pénalisant. Or il n’en coûtera au patient qu’un ou deux euros de s’affranchir de ce sésame. Quand on sait le coût de la moindre réforme de cette usine à gaz qu'est la Sécurité sociale on peut d’ores et déjà prédire que cette mesure n’aura pas plus d’effet qu’un cautère sur une jambe de bois. On a un nouvel exemple de l’incapacité de nos gouvernants à appliquer ce que le bon sens seul suffit à justifier et surtout ce refus d'utiliser la dissuasion financière nous éloigne de la seule réforme capable d’inverser la spirale infernale du déficit : la responsabilisation du toubib.

Car qui dans ce pays peut émettre un chèque en blanc sur la collectivité, qui a un droit de tirage illimité sur la communauté ? Seul, le médecin bénéficie de ce privilège, ce droit exhorbitant. Nulle part ailleurs que dans une officine médicale on peut faire légalement de la fausse monnaie. Emettre une ordonnance, prescrire des examens, diriger vers un confrère c’est susciter la consommation de services médicaux, c’est induire une dépense, dont le montant inconnu, est garantie par l’Etat. Les médecins seront payés, les médicaments seront remboursés, les analyses, les visites tout sera pris en charge, l’utile, l’inutile, le redondant comme le dangereux.

Si nos voisins ont su maîtriser nos dépenses de santé, ici aucune limite n’existe. Ceux qui s’y sont essayés n’ont d’ailleurs pas survécu à leur tentative de responsabiliser les tireurs. N’est ce pas Mr Juppé ? Et pour ceux qui douteraient de la pertinence de ce constat, le dépassement récurrent des hypothèses de déficit les plus pessimistes devrait ruiner leur optimisme. Et de trou de Sécu en trou de Sécu on ne s’en sort qu’en pompant dans les finances de l’Etat qui croulant déjà sous les déficits ne peut que tirer des traites sur les futures générations. Ce que j'appelle faire de la fausse monnaie !

En France on ne vit pas plus longtemps qu'ailleurs. Alors pourquoi notre vieillissement a-t-il un prix exhorbitant ? 

Simplement parce que la santé est traitée comme si elle ne coûtait rien, que ceux qui consomment ont parti lié avec ceux qui dispensent sans que ceux qui financent soient autorisés à y mettre leur nez. Alors consultons, consultons notre médecin traitant, en espérant que le système perdurera au moins jusqu’à notre prochain remboursement !

 

 

 

 

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25 juin 2005 6 25 /06 /juin /2005 00:00

On a le choix entre bonne conscience et faux débat. Si au moins ça créait des emplois on applaudirait à l‘installation de cette Haute Autorité contre la Discrimination (HALDE). Qui objecterait à tant de bons sentiments, ni les vrais républicains, ni les  faux démocrates, ni les bons chrétiens, ni aucun de  ceux qui un jour ont cru à cette devise bien désuète : liberté égalité fraternité.

 

Peut être nous faut-il de temps à autre dépoussiérer nos vieux ornements et je remercie notre vieillissant Président de nous y inviter. Ce ne sont ni les germains, ni les autrichiens qui renieraient leur fières devises, ni les américains qui se sont mis hors du temps en invoquant Dieu ni même ces perfides anglais qui livrent une morale intemporelle à la quelle nous ne pouvons objecter. Mais que dire de la notre si ce n’est qu’elle fleure bon le ringard franchouillard.

 

Liberté ; Qui peut l’invoquer sans se souvenir qu'en son nom tant de crimes ont été commis ? Elle n'est pas même contestée à ceux qui nous en amputent quand ils en font un usage qui empiète sur celles de leur contradicteurs. 

 

Egalité ; C'est un mythe porté haut au siècle des Lumières et vidé de tout contenu depuis que ces Lumières se sont paisiblement éteintes. Associée à la chance elle reste très hypothétique. C’est l’archétype d’une abstraction dont les mathématiques se sont emparée et qu’on devrait leur laisser tant elle est impuissante à représenter une autre réalité.

 

Fraternité ; l’ai-je déjà rencontré ? Ce n’est ni l’amitié ni le copinage, mais cet élan qui l’espace d’un conflit vous rend frères d’armes ; on comprend qu’elle fut partagée par les paysans soldats va-nu-pieds qui boutèrent à Valmy les coalisés et gagna à ce titre le droit de figurer sur les frontispices de toutes nos mairies.

 

Notre devise issue de l’euphorie révolutionnaire ne reflète pas plus l’idéal citoyen de notre temps que les paroles vengeresses de notre hymne national n'ont de sens dans une enceinte sportive et pacifique. 

 

C’est mu par un souci de modernité que notre Président garant de l’identité nationale a institué cette Haute Autorité contre la discrimination, que j’évoquais, reconnaissant ainsi l’inapplicabilité de notre devise.  Mais comment lutter conte la discrimination sans entorse à la liberté. Puisque la discrimination résulte de la différence et que la différentiation est à l’origine de tout ce qui est de l’ordre du vivant, lutter contre la discrimination c’est imposer un ordre artificiel au profit de ceux qui la revendiquent. Les américains pionniers dans cette démarche en ont tardivement mesuré la perversité et ce n’est pas la querelle sémantique sur le fait qu’elle soit positive qui change la nature du débat.

 

La nature est inégalitaire, nous sommes tous différents, beaux, riches intelligents quand c’est pas tout le contraire. Certains sont plus égaux, paient plus d’impôts, sont mieux portants, cotisent tout autant, sont plus futés et trouvent toujours à être employés. Il faut que ça cesse !

 

De grâce, qu’une Haute Autorité lutte contre ces scandaleuses discriminations que l’on soit enfin tous égaux, tous chômeurs, tous malades, tous indigents mais surtout qu’on garde le même Président.

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12 juin 2005 7 12 /06 /juin /2005 15:34

Chevaliers blancs comme ils aiment à se présenter, prédateurs comme ils sont souvent décrits, les frères ennemis du capitalisme à la française viennent coup sur coup de se montrer sous des jours peu flatteurs.

 

 

 

 

François Pinault, dans le rôle du mécène mal aimé, a délocalisé le centre d’exposition qu’il avait offert d’édifier sur l’île Seguin, lui préférant un palais vénitien. On ne lui contestera pas le droit d’implanter ses collections où bon lui semble. Seulement il justifia son revirement par le manque d’empressement des futurs bénéficiaires de ses largesses ; on n’aurait pas déroulé le tapis rouge avec le faste et la célérité dus à son rang. Alors, que nenni, empruntons la route transalpine et installons nos toiles à Venise ! Non sans avoir au passage fustigé nos ronds-de-cuir pour leurs incuries chroniques.

 

 

 

 

La vérité, quand elle se révéla, ne fut pas à l’avantage de notre preux chevalier dont les motivations parurent plus matérielles qu’artistiques dans ce simulacre de déménagement.

 

 

 

 

Son compère Bernard Arnault, et soi disant ennemi juré, ne s’étripèrent- t-ils pas entre autre pour le contrôle de Gucci, vient quant à lui de nous la jouer « principe de précaution ». Qui l’en blâmerait ?

 

 

 

 

Imaginez vous le, riche propriétaire d’un bel immeuble de 45.000m2 sur les bords de Seine, acquis pour une bouchée de pain, abritant un grand magasin qui prend l’eau, accumule les pertes et emploie plus de 1000 salariés, pour l’essentiel peu qualifiés ; question à 1 € : comment vous débarrasser de cette activité sans tomber dans le piège C&A qui défraya la chronique sociale de l’année 2002 quand sa direction décida de fermer tous ses magasins.

 

 

 

 

La réponse : vous jouez la sécurité.

 

 

Vous réunissez une commission ad hoc qui découvre providentiellement que tout ça pourrait bien brûler, et que personnel, chalands, tout serait grillé en quelques 7 minutes.

 

 

 

 

Quel propriétaire serait inconscient pour laisser ses salariés et ses clients courir un tel risque ? La décision de fermer est dès lors inévitable et c’est la mise à pied immédiate de 1000 salariés sans espoir de reclassement vu leur qualification.

 

 

 

 

Bernard c’est bien joué !

 

 

Plus la ficelle est grosse plus ça s’avale facilement. Il y aura bien quelques manifestations mais le syndrome C&A aura été évité. L’immeuble vidé de ses occupants pourra être rénové et générer une sympathique plus value. Les Assedic financeront le chômage du personnel dont la plupart ne retrouveront jamais d’emploi.

 

 

 

 

Bravo Bernard tu es encore meilleur que François.

 

 

Comment utiliser à son profit les incohérences de l’administration ? Arnault comme Pinault sont passé maîtres dans l’art de faire payer l’État et d’encaisser les plus values. Voir Pinault et le Crédit Lyonnais dans Executive Life, voir Arnaud et les Assedic dans l’affaire de la Samaritaine. Qui peut comprendre que ce magasin soit devenu inexploitable du jour au lendemain. Qu’il était encore conforme le 10 juin et que le 11 il soit devenu d’une telle dangerosité qu’il faille l’évacuer toutes affaires cessantes. C’est tout à l’honneur d’Arnault d’avoir su exploiter la brèche ouverte par des fonctionnaires tatillons et d’avoir piteusement refuser d’expliquer aux salariés que pour leur éviter de finir carbonisés, ils auraient dorénavant à piétiner aux portes des Assedic.

 

 

 

 

Enfin, pour des grands patrons du luxe, quel marque d’élégance !

 

 

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11 juin 2005 6 11 /06 /juin /2005 15:35

Dans le brouhaha médiatique récent l’information est passée preque inapercue. C’est pourtant   bien une révolution masquée sous une apparence anodine que ce 9 juin nous a offert : les français pourront désormais décider de ne pas se faire soigner sans que leurs médecins, leurs proches, soient poursuivis pour défaut de soin, perte de chance ou non assistance à personne en danger.

 

 

 

Dans notre pays profondément influencé par la morale chrétienne, le combat pour prolonger les personnes en fin de vie est souvent vécu comme un acharnement à leur imposer des thérapies sans respect de leur liberté individuelle. Mais ce 9 juin, les sages du Comité d’éthique viennent opportunément de replacer le patient au cœur du débat. Ils ont rappelé que l’individu autonome est le seul à pouvoir décider de la poursuite ou de l’interruption des soins.

 

 

 

Le point cardinal de cet avis qui doit encore être transcrit en jargon législatif est l’autonomie et la capacité du malade à être informé, c'est-à-dire à comprendre pour décider. Mais quelle avancée. Souvenons nous du chemin parcouru : la loi Kouchner, il y 3 ans seulement, a restitué au patient le droit de savoir, droit qui lui était fort chichement mesuré. Qu’il ait fallu attendre 2002 pour autoriser les patients à avoir accès aux données médicales les concernant donne une idée du moyen age dans le quel le milieu médical et le monde catholique,  longtemps très imbriqués, nous tenaient cloîtrés pour exercer en leur seul cosncience leur magistère.

 

 

 

Si le patient est reconnu propriétaire des informations médicales le concernant, si il a enfin obtenu le droit de décider des thérapies qu’il veut suivre, si il a depuis peu le droit de ne pas savoir, il ne reste plus qu’à lui rendre le droit de décider de sa fin. On reçoit la vie sans l’avoir sollicitée, ce qui ne justifie pas qu’il soit illicite d’y mettre un terme, comme cela est déjà admis dans de nombreux pays.

 

 

 

Et ne venez pas m’accuser d’écrire un plaidoyer en faveur du suicide. La réflexion à la quelle les français sont enfin conviés concerne le droit à la dignité ; il dépasse la question religieuse, il est de l’ordre du métaphysique.

 

 

 

Le balancier va dans le bon sens ; le mouvement paraît bien lancé. Il sépare les croyances  religieuses des connaissance médicales. Il laïcise le débat de la fin de vie en donnant la primauté aux considérations civiles. C’est le principe du non empiètement des magistères* qui lentement s’impose à nous, avec retard certes. Le droit est civil, la religion est privée. Le civil doit permettre le religieux et non pas l’inverse ; c’est ma définition de la laïcité.

 

 

 

Alors je dis beaucoup de bien de cet avis. C’est rare qu’un comité de sages fasse œuvre de progrès. Ne chipotons pas notre satisfaction : c’est un grand pas qui vient d’être fait pour une société laïque. Et plus anecdotiquement, c’est une aubaine pour la sécurité sociale. Tous ces traitements qui ne seront pas imposés c’est autant qu’il ne faudra pas financer.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

* Et Dieu dit que Darwin soit : Stephen Jay Gould Le seuil

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8 juin 2005 3 08 /06 /juin /2005 00:00

Il n’est pas de jour, et celui ci ne fait pas exception, où leurs turpitudes ne s’affichent en caractères gras aux colonnes de nos quotidiens. On nous rapporte leurs outrages comme si une pandémie galopante frappait depuis quelques années beaucoup de nos justiciables. Le bas clergé n’est pas épargné, vous vous en étiez douté ! Des éminences sont aussi concernées. Des éducateurs, des professeurs sont convoqués pour se souvenir de la façon dont il y 20 ans ils dispensaient leurs leçons particulières, assurément trop particulières. C’était l’époque où un Peyrefitte pouvait évoquer des amitiés sans encourir les foudres de la bonne société. Des ballets il y en avait aussi, pas seulement chez Serge Lifar. Mais des cellules de soutien psychologique, point encore. C’est vrai, c’était avant mai 68, avant que des bataillons d’étudiants ne squattent sur quelques hectares du campus de Nanterre. Des avatars de cette usine à psys on dut bien en faire quelque chose et on créa les cellules de crise.

 

 

Le sujet est délicat certes. Même en avançant sur la pointe des pieds, vous m’avez vu venir : c’est de pédophilie qu’il s’agit et de sa prévalence dans nos sociétés. Quel  réconfort de savoir que face à cette perversion on est tous mobilisé ! Mais passée la nausée qui nous saisit à l’évocation de faits longuement colportés par les médias, on est pris d’un indicible malaise. Pourquoi tant d’intérêt pour des faits aussi abjects ? Pourquoi autant de cas aujourd’hui, si peu hier ? La perversion se répand t-elle sur le globe comme la syphilis au début du siècle dernier ? Retenir cette hypothèse oblige à rechercher la cause première de cette inversion et la refuser c’est admettre que les enfants d’hier ont tu les comportements des parents d’alors. Pan sur le bec, aurait dit le Canard !

 

 

Et si nos mentalités façonnées par le manichéisme ambiant nous imposaient une grille de lecture réductrice qui conduise à la lourde pénalisation de faits répréhensibles au nom d’un Bien et d’un Mal qui ne laisserait aucune place à l’imperfection humaine, et à la répression  excessive de comportements millénaires au risque d’anéantir ceux, qui par inadvertance, n’auraient pas mis à jour leur référentiel.

 

 

 Parce qu’à l’exception de quelques cas qui relèvent du sadisme et de la barbarie et doivent être traités comme tels, les pratiques stigmatisées qui entraînent de longues années de prison, sont gaillardement racontées par les meilleurs auteurs des bibliothèques familiales et repris avec beaucoup de complaisance par des échotiers ... qui s’en offusquent. Ça doit faire vendre.

 

 

J’ouis déjà des cris d’orfraie, que je suis un parent indigne, qu’à défendre des pervers on en oublie les innocentes victimes et que …et bien je persiste et signe surtout quand j’entends des enfants d’hier attendre 20 ans plus tard et se souvenir des sévices infligés par des grand pères aujourd’hui, alors je m’étonne de ces mémoires élastiques, de cette facilité à embastiller pour des délits lointains qui hier restaient impunis. Ces mouvements de balanciers entre laxisme et sévérité attestent de la difficulté de notre société à sanctionner ces déviations sans que les délinquants ne soient victimes d’une justice rendue à la roulette russe.

 

 

A être trop répressif on s’expose à un retour de balancier qui banaliserait ce qu’on criminalise aujourd’hui. Est ce le but ?

 

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3 juin 2005 5 03 /06 /juin /2005 20:55

Il y a les mots, les mots simples pour tous les jours,

Il y a les mots pour les artistes. Ils les manient, les triturent, les juxtaposent, les opposent et composent pour notre plaisir poèmes, romans et toute sorte de littérature. 

Il y a ceux des plumitifs, des échotiers, des scénaristes, des chansonniers, de tous ceux qui ne vivent que pour eux, de l’apologiste au verbicruciste, la liste serait longue.

Et puis il y a ceux des politiciens, ceux des petites phrases, des formules assassines. Ceux qui sont signés par François comme donner du temps au temps, ou empruntés par Jacques comme acadabrantesque. Et les plus nombreux, tous ceux aux quels plus personne ne croit ; ceux de toutes les lunes, de toutes les promesses qui ressurgissent lors de chaque grand messe érodés, dévalués, déjà archi consommés.

Je vous tairai ceux du moment ; on vous les mitraille, on vous les tambourine, on vous les assène : il ne manquerait plus que je vous les épelle.  Martiaux, ou flatteurs, ils vont toujours par paires : acquis sont les avantages, sociale est la protection, durable est le développement, forte est l’impulsion, grande est l’attente, éternelle est la France. J ’hésite à poursuivre car longue est la liste de ces mots qu’ils pacsent parce que si leur musique est douce, leur sens est à ce point évidés que tous y puissent puiser ce qu’ils espèrent entendre.

Seulement il n’y a que dans les allégories que la force du verbe déplace les montagnes. Pour l’avoir oublié un roi de l’incantation, récent premier ministre, a du rabattre du caquet, ce que son sémillant successeur au verbe péremptoire n’a semble-t-il pas capté en plaçant la barre très haut : « quand c’est difficile tout est possible » nous a-t-il confié, version gaullienne d’un désuet «à cœur vaillant rien d’impossible». Ils s'épuisent les uns les autres dans cette infernale quête du mot qui marque, qui frappe, qui étonne, du superlatif définitif qui englobe tout.

 

De cet art franco-français, un seul connait toutes les finesses, a joué de tous les registres,  a déjoué tous les pièges, est passé Maître, c'est Devos. Le magicien de l'absurde c'est lui. 

Qu’attend-il, Jacques, pour le nommer à Matignon ?  

 

 


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25 mai 2005 3 25 /05 /mai /2005 16:48

Le créationnisme, c’est tendance ; chez les Bush men ça fait même fureur. C’est encore de l’hébreu pour vous ? Laissez moi vous affranchir. C’est la doctrine selon la quelle la Bible est à prendre au pied de la lettre. Dieu créa le monde en 6 jours et pris sa RTT le 7 ème. Vous souvenez vous de la pomme, du serpent et d’Ève la femme de la côte ? Alors vous y êtes.

C’est vrai que ça fait un peu BD, on a tous souri au catéchisme imaginant Noé à la barre de son arche, ou grimpant 4 à 4 les marches de la tour de Babel, ou Aaron faisant un barbecue avec un veau d’or !

On avait compris, vite pour la plupart, plus tard pour d’autres que la Bible c’est comme Noël ; il faut laisser croire aux autres qu’on y croit mais on savait que ce n’était pas pour de vrai. C’est allégorique !

Alors on a fait des recherches, on a cru que l’homme venait d’Asie mineure, puis on l’a retrouvé en Afrique de l’est. On l’a cru fils de Lucy, pour le découvrir descendant  d'Homo floresiensis habitant d’une caverne de l'île de Flores, (est de Java, en Indonésie). Mais Adam et Ève n’y étaient pour rien et la Genèse , cette belle histoire à raconter aux enfants, se retrouva dans les étagères à coté des contes de Grimm.

C’était avant Bush et bien après que Pasteur eut jeté aux orties tout ce qui de près ou de loin ressemblait à une génération spontanée. Darwin organisa tout ça et doctement expliqua les mécanismes de l’évolution par la sélection naturelle. Plus personne ne songea à s’opposer à sa théorie et même l’Église dès la fin du XIX siècle tint pour acquis le principe de l’Origine des Espèces, mâtiné d’un peu d’hérédité des caractères acquis. Intégrant les découvertes issues de la génétique le néo darwinisme sert aujourd’hui de support théorique aux études sur l’origine de l’homme. Naturellement les scientifiques peuvent se tromper.  Darwin n’échappe à la règle. Beaucoup reste à comprendre mais aucun paléontologue ne relut la Genèse pour y trouver le chaînon manquant.

C’était compter sans le réveil du Malin. Lové dans quelques recoins de l’Arizona depuis sa sortie de l’Eden il envenima la campagne électorale aux États Unis s’arrogeant le droit de valider ou d’interdire d’enseignement tout ce qui n’était pas strictement issu de la Genèse. Il effara les honnêtes gens par sa propension à ré écrire l’histoire de l’homme en gommant tous les faits avérés et en imposant une lecture primaire des textes d’inspiration religieuse. En Europe, on se gausse, le créationisme n’y est pas dévastateur, du moins pas sous cette forme. 

Car l’obscurantisme n’a pas qu’un seul visage et des adeptes outre atlantique. On en croise aussi dans nos contrées et aux abords de nos champs de maïs.

Et si vous êtes choqués que certains veuillent nous faire commencer le Monde il y tout juste 10.000 ans et si vous pensez qu’Adam n’a pas été façonné dans la glaise et qu’Ève n’est pas seulement la fille de la côte mais d’abord la petite fille de Lucy, alors demandez à ces gens qui trouvent juste de chasser de chez eux un peuple nomade, de prendre leurs terres et de refuser de les leur restituer, au nom de quoi agissent-ils ?

Au nom de la Bible , n’est ce pas ?

 

 

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