Décryptage sans complaisance de l'actualité.
Quand faut y aller, faut y aller ! Le gouvernement jusqu’à présent a entretenu l’illusion du changement. Les amuses bouches servis à ses électeurs peinent à calmer leur fringale de réformes et n'abordent aucuns des maux n fois identifiés et parfaitement répertoriés dans les discours du candidat président. Bien inutiles ces commissions, ces rapports qui s’accumulent et que Sarkozy nous ressert à profusion : du déjà vu avec tous les précédents gouvernants. Ah ! quand nous servira-t-on les plats de résistance ?
C'est au bon vouloir du président, selon Fillon qui serait prêt sur les régimes spéciaux de retraite à changer de tempo, histoire de mettre la pression sur le chef. Tout ce tintamarre n'est donc qu’artifice de communication, et si c’est le prix à payer pour mettre les ruptures décisives au menu, alors banco !
Reste la nécessité pour le gouvernement d'obtenir un consensus "populaire" minimum pour des mesures que le bon sens rend indiscutable et l'économie incontournable : allongement de la durée de la vie active, allègement des coûts salariaux, fluidification du marché de l’emploi, réduction du poids des administrations, pour ne citer que celles qui ne font pas débat, sans même évoquer la nécessité de remettre en cause les fondamentaux de l’assurance maladie... l'alignement des durées de cotisation retraite n'est en comparaison qu'un hors d'oeuvres bien digeste !
Mais la gente syndicale de la fonction publique arc-boutée sur la défense de prérogatives et de privilèges indécents prend déjà l’opinion à parti. Le PS incapable de faire la synthèse entre une posture d’opposant et l’adhésion aux mesures d’équité prônées par Fillon se complet dans le verbiage incantatoire. In fine la tâche du gouvernement en sera simplifiée s’il accepte temporairement de sacrifier quelques points de popularité pour s'acquitter du mandat qu’il a reçu d’une majorité de français. Son opposition est incapable de propositions, entraînée dans une surenchère gaucho-démago.
Cet alignement des régimes spéciaux de retraite sur la règle commune sera le seul test de la capacité du président à passer des mesures symboliques aux plats de résistances et à proposer aux français du "consistant" à se mettre sous la dent. Car nul ne peut imaginer un recul qui signerait l'échec cuisant de toute ambition réformatrice et la "mort" de Sarko.
Alors chef, qu'est ce qu'on attend ?