Décryptage sans complaisance de l'actualité.
Le temps passe et tout se passe comme si il ne se passait rien. Impression transcrite par la baisse de popularité de Sarkozy dans les sondages d’opinion. Ceux-ci n’expriment-ils pas l’intuition fugace que le bouillonnement sarkozien se neutralise dans un mouvement brownien ?
Il parle beaucoup, part dans beaucoup de directions, suscite moult commissions, consultations et au final… l’automne est bien au rendez vous, le verbe sarkozien n’a pas suspendu le temps.
Le tempo du changement c’est là où commence le malentendu. A force d’annoncer la rupture, d’appeler aux réformes, aux transformations le citoyen constate que rien dans le quotidien qu’il observe, n’a changé. Les lois et les mesures déjà passées concernent les cas marginaux, les délinquants, quelques étudiants, des étrangers en attente d’immigration, quant aux cadeaux fiscaux ils ne touchent guère ceux qui fabriquent l’opinion.
Il est loin le temps où l’on donnait du temps au temps. Le temps fonce au rythme des technologies de l’information, du téléphone portable, de l’Internet et de la mondialisation. Sa compression a accru notre exigence dans la vitesse de réaction. Un incident, un retard, un décalage, quelque soit l’activité concernée, et l’information est distribuée dans l’instant. Le portable, la vidéo caméra, le web aura acheminé l’évènement et réduit l’incertitude à l’autre bout de la chaîne.
On a glissé subrepticement du temps à l’instant, à l’impératif d'immédiateté dans la perception d’une réaction. Tel un médicament qui n’ôterait pas le mal dès sa prise et n’aurait ainsi pas d’effets, une politique qui n’apporte pas de solutions immédiates est réputée inefficace, comme ayant échoué.
Le syndrome de l’instantané envahit le monde politique. « Tous ne mouront pas, mais tous seront frappés ». Attendre pour juger sera une révolution, la plus difficile à faire accepter, car totalement à contre courant. C’est le défi au quel Sarkozy a commencé à s’attaquer : obtenir que les français lui accordent du temps, lui l’éternel pressé.