Décryptage sans complaisance de l'actualité.
Tous les ingrédients sont réunis, le fric, la caisse noire, des grands noms du patronat, des perquisitions et la lancinante question : où est passé l’argent ?
Et pourtant la mayonnaise ne prend pas !
Il doit manquer un peu de piment, une once de sexe, et un suicide en deux temps pour donner à ce fait divers la résonance d’une affaire d’Etat. Les spécialistes de la bronca médiatique n’entonnent aucun des couplets qui leur servent de rengaine ; on les a connu plus prompts à emboucher l’olifant.
15 millions d’€ volatilisés, comme le reconnaissait un socialiste, expert en enveloppes (pléonasme ?) : « on ne va pas s’exciter pour si peu »*. On en est resté comme deux ronds de flan. Chez Thibault comme au pays de Chérèque personne n’a rien vu passer, même pas l’ange qui déposait les biftons. Car tous s’accordent sur un point, l’argent du Medef est bien resté dans le petit monde feutré des partenaires sociaux. Mystère à la française, secrets de Polichinelle dans le milieu syndical, arrangements entre copains. A force de négocier du soir au matin, quoi de plus machinal que des petits arrangements de la main à la main.
Tous sont au courant, mais préfèrent le statu quo à la transparence qu’imposerait un financement public. Devant les radios les télés ils bombent le torse, nos leaders syndicaux ! et jouent les matamores : les patrons vont voir ce qu’il vont voir, et derrière les murs aveugles des immeubles cossus du patronat on reçoit des prébendes pour prix des sinécures. Ainsi vont les négociations dont les aboutissements surprennent parfois les naïfs qui s’étaient endormis sachant que rien n’allait plus et se réveillent à potron-minet pour découvrir que l’accord est conclu. A quel prix ? On ne le saura jamais.
Et puisque à l’évidence quelqu’un a vendu la mèche, on peut s’interroger : Qui avait intérêt à en payer le prix ?
* Vincent PEILLON, sur LCI