Décryptage sans complaisance de l'actualité.
Les ruptures dont on parle à satiété se résument pour bon nombre de français en une aggravation - momentanée ? - de leurs statuts. Inutile de tourner autour du pot, si vous êtes assujetti à l’un de ces régimes spéciaux, si vous jouez avec les Assedic ou simplement si vous êtes l’un des petits bénéficiaires de ces avantages acquis au cours de ces luttes homériques dont se nourrit la fierté syndicale, vous serez les perdants du quinquennat. On vous avait prévenu et d’ailleurs vous n’avez pas donné votre voix à l’ordonnateur de ce grand chambardement. On vous comprend.
En revanche si le dispositif du paquet fiscal, les fameux 12 ou 13 millions d’euros d’allègements vous concernent à un titre ou à plusieurs autres, vous êtes du bon coté du manche, et en majorité vous avez mis le bulletin ad hoc dans l’urne. Vous en avez le remerciement.
Mais les choses se compliquent quand le « momentanée » dont il était question semble de voir laisser place à la durée, à moins que ce ne soit à l’éternité alors que les « cadeaux » consentis aux mieux nantis ont été attribués sans paraître produire les effets escomptés qui rendraient temporaires les efforts des moins favorisés. La croissance était censée tout redistribuer à la satisfaction du plus grand nombre.
Alors quand Mme Lagarde annonce que le dispositif du bouclier fiscal, celui qui évite la surimposition des mieux lotis d’entre nous, n’est pas contre balancé par l’application d’un seuil minimum de prélèvement sur ceux qui bénéficient de cette exonération, on est en droit de douter de l’équité de la politique mise en place.
Autant l’égalité et sa recherche forcenée mènent à l’utopie, autant l’équité et la perception de justice à la quelle elle est attachée sont le ciment de la cohésion de la société. En renonçant à fixer un seuil minimum d’imposition pour les plus fortunés le gouvernement prend le risque de s’aliéner ceux qui ont cru en son honnêteté.