Décryptage sans complaisance de l'actualité.
C’est devenu une affaire d’État. La fin tragique en 41 de Guy Mocquet dont Sarkozy a voulu faire un symbole d’abnégation et de courage, est devenue l’enjeu de polémiques dérisoires.
Peu importe au final le contenu de la lettre d’adieu d’un garçon de 17 ans. Le romantisme n’est –il pas l’apanage de l’adolescence ? Qui fera jamais la part entre héroïsme authentique et chevalerie suicidaire dans cette tragédie ? Nul ne doute que dans des circonstances semblables il y ait aujourd’hui des adolescents pour périr sous les balles des lâches.
Non la valeur pédagogique de cette missive n’est pas la question. Pas plus que l’ajout au cursus d’un codicille de quelques lignes ! La seule qu’il faut poser face à la fronde des professeurs qui gronde en ce jour de lecture obligée, c’est de savoir qui a autorité sur le corps enseignant. Est-il un seul représentant de l’État qui puisse instruire cette population ou bien est-elle, de facto, dans un statut d’auto gestion ?
La vérité semble relever de cette deuxième option. On se souvient encore des difficultés du ministre Robien à obtenir l’abandon de la méthode globale de lecture. Les instituteurs – selon la vieille terminologie – rétorquèrent qu’ils n’avaient d’instructions à recevoir de personne. Ce même argument ré apparaît aujourd’hui en déniant à une quelconque autorité – y compris la personne du président – la capacité d’imposer un item dans la formation des lycéens.
L’inconscience des commis de la république qui réfutent ce droit est sans limite. Bafouer devant les élèves dont ils ont la charge l’autorité de l’État c’est scier sciemment l’autorité nécessaire à l’exercice de leur mission. Et que l'on ne vienne pas dire qu'ils sont entrés en "résistance". Il n'y a pas de résistance quand il n'y a pas de sanction ! Qui pourra plaindre ces apprentis sorciers de leur incapacité à se faire respecter dans des classes après avoir exhibé leur refus d’obtempérer à leur propre ...enseignement ?
Un président moqué, ce sont des centaines de professeurs dévalués.