Décryptage sans complaisance de l'actualité.
Rien de provoquant dans ce constat. Pour les mieux informés, le baril culmina à 107$ en 1980 sans que le monde ne s’écroule. Mais l’essentiel est ailleurs. Le pétrole cher est déflationniste : il absorbe une part croissante du pouvoir d’achat des ménages sans contre partie sur le volume de l’investissement puisque les gagnants ne recyclent chez nous qu’une part infime de leurs pétro dollars. Ca c’est le mauvais coté de l’histoire. Il y a moins d’argent pour consommer.
Mais pour un mauvais coté, ce processus induit deux effets qui compensent largement l’aspect négatif.
D’abord il éloigne la perspective de pénurie du pétrole, perspective qui participe à la dérive haussière. Plus le cours du brut est élevé, plus les réserves d’or noir s’accroissent et moins les théoriciens de la décroissance ne rencontrent d’écho chez les consommateurs assurés de la pérennité de leur approvisionnement. Les investisseurs peuvent reprendre confiance : l’apocalypse n’est pas pour « now ».
Deuxième effet complémentaire. A ce niveau de prix l’énergie nucléaire redevient la moins
onéreuse de toutes les énergies non émettrices de CO². Mieux que 10 ou 100 Grenelle, la hausse du pétrole réduit l’incitation à construire des centrales à énergie fossile. Les pays d’Afrique et d’Asie ne s’y sont pas trompés qui prévoient d’accélerer la construction de centrales nucléaires au détriment des centrales à gaz ou à charbon.
Pour l’écolo de base, le nucléaire pourrait (une chance sur un million) se transformer en enfer, mais pour le mineur de fond, ou le citoyen du monde la prolifération des centrales à charbon c’est la certitude d’un « cancer » aux effets pervers pour plusieurs générations.
Alors le pétrole cher : c’est la meilleure des éco taxe. Celle qui nous protège dans ce monde ouvert à des risques démesurés contre la certitude de catastrophes liées aux émissions excessives de CO². C’est une bonne nouvelle, même si à titre personnel, elle a tout d’un nouvel impôt.