Décryptage sans complaisance de l'actualité.
Dans la république compassionnelle vous ne valez que ce que vous représentez ! Votre vie n’a de prix que pour son symbole. Peu importe la cause que vous défendiez, et à ce titre la vie de votre mère est parfaitement respectable, mais si elle n’émeut pas saint Bol, si elle n’intéresse que vos avoisinants, elle est en de bien mauvais draps.
L’art consiste à la sortir de la clandestinité où elle croupit comme celle de millions de laissés pour compte et à la mettre sous les feux d’une rampe pour qu’un président s’en empare.
Peu importe aux français - si ce n'est às a famille - que Mme Betancourt croupisse prisonnière des Farc colombiens - personne ne lui avait enjoint d’aller jouer les Louise Michel au coeur de la jungle - si ce n’est la fibre compassionnelle qui sommeille en chacun.
Pour quelques infirmières libyennes sorties de l’enfer, pour une Ingrid Betancourt objet de toutes les sollicitudes, combien de sans nom, de sans grade, d’anonymes moisissent pour des raisons d’État sans que personne ne s’en émeuve hors leur proches, impuissants à allumer les projecteurs de l’actualité.
Politique à courte vue qui offre une prime à la médiatisation, politique perverse qui suscite des vocations suicidaires, politique irresponsable qui transforme l’Etat et son chef en nounou corvéable à la solde des manipulateurs.
Qui demain empêchera tel ou tel illuminé de monter une opération spectaculaire – prise d’otages, menace terroriste – pour bénéficier de la bienveillance présidentielle. De bonnes causes, ce bas monde en est submergé.
La prime donnée à l’outrance n'est-elle pas une erreur que l’on ne tardera pas à payer cher ?