Décryptage sans complaisance de l'actualité.
Il aura fallu ingurgiter quelques 1800 pages, frémir et angoisser à chaque situation dont la seule issue plausible, fatale, était in extremis retournée par la force d’une plume féconde pour être rassuré par la victoire des bons et la débâcle des méchants. Lisbeth aura gagné le combat contre le Mal.
L’impossible victoire magistralement mise en scène par un journaliste suédois d’une Astérix autochtone contre la machine kafkaïenne aura tenu en haleine des millions d’estivants. Au moment même où l’homme qui venait du KGB nous rappelait que les remugles de guerre froide n’avaient rien de romanesques mais pesaient lourdement sur le destin des géorgiens aujourd’hui, des ukrainiens demain ?
A-t-elle été écrite par un naïf ou par un spécialiste de la désinformation ? Cette trilogie qui nous réconforte dans notre univers cosy où les bons sont les vainqueurs contre toute cohérence, n’agit-elle pas comme le poison mortifère propre à discréditer ceux qui réclament des mesures sévères contre les agresseurs des géorgiens ?
Comment crédibiliser une attitude ferme contre les envahisseurs si comme la thèse de Millenium le prétend le Bien survit toujours aux démons qui le combattent ?
Cet ouvrage encensé pour sa vraisemblance (?) décrit les mille et une façon dont le Mal a usé pour infiltrer nos sociétés. Que le romancier ait souhaité donner à ce tableau une happy end pour ménager ses arrières et laisser à sa fertile imagination de vastes champs d’expression est probable, mais puisque le destin en a décidé autrement en le rappelant prématurément à l’affection des siens, il n’est pas inutile de mettre en évidence la perversité de la thèse qu’il défend.