Décryptage sans complaisance de l'actualité.
C’est demain qu’elles vont enfin pouvoir se livrer à leurs petites manies favorites, dévaliser les magasins, elles les victimes de toc.
C’était une habitude bien ancrée dans les familles modestes, celles où l’on comptait. Une fois reprises les affaires du grand frère par son cadet il fallait bien rhabiller de neuf l’ainé. Alors les soldes ça faisait l’affaire, même qu’on y allait discrètement, si on ne rasait pas les murs personne ne s’en vantait. D’ailleurs les articles ramenés sentaient déjà le vieux, le ranci, le démodé, mais c’était comme ça chez les petits bourgeois lyonnais que l’on se débrouillait.
Les temps ont changé, les soldes aussi. Nos mères, nos femmes, nos filles ne manquent plus de rien, mais elles souffrent de cette obsession : il leur faut acheter, consommer, dépenser. Certaines deviendront kleptomanes, d’autres s’en sortiront, les bras chargés d’emplettes, en recédant à leurs copines les fringues des soldes précédentes. Ca leur évitera un incident avec leur carte bancaire.
Alors les soldes sont attendues, c’est un rituel qui mêle générations de toutes conditions. Elles sont entrées dans nos meurs, s’y dérober n’est pas un signe extérieur de richesse, c’est tout simplement un manque de savoir-vivre.
C’est dire que Mr Breton – ministre des économies – et à ce titre sans doute des soldes, vient de commettre sa énième bévue en souhaitant qu’elles s’étalent sur toute l’année. Car si les victimes consentantes de troubles obsessionnels compulsifs, toc pour les psy, ont du mal à boucler leurs fins de mois quand les soldes se répètent deux fois par an on imagine mal que leurs finances survivent à des soldes qui auraient lieu tout au long de l’année.
Mais Mr Breton est aussi ministre des finances, il n’est pas complètement toqué et sait ce que lui rapporte une hausse de la consommation.