Décryptage sans complaisance de l'actualité.
Coléoptère coprophage sarthois, il connut son heure de gloire en retardant le bouclage de l’autoroute A28. Dix ans plus tard le pique prune a été ré implanté sur des chênes soigneusement déplacés, son habitat délicatement restauré, l’autoroute est achevée, la vie peut reprendre son cours.
Bien sûr on gaussera mon anti-écologie primaire. On fustigera la logique productiviste qui sous entend l’ironie de mon propos et on associera dans la même vindicte ceux qui pensent qu’il y a mieux à faire avec l’argent du contribuable que de protéger des scarabées qui à ce prix là se devraient d’être au moins dorés.
Puisque la politique c’est l’obligation de faire des choix, de répartir des fonds insuffisants face aux emplois que les citoyens s’ingénient à solliciter, je regarde avec circonspection ces préservations d’espèces en voie d’extinction qui se font, me semble-t-il, au détriment de l’intérêt général.
Et ce n’est pas parce qu’une directive de Bruxelles avait donné à cet insecte des lettres de noblesse suite à un lobbying efficace des descendants du roi de Suède Gustav Adolph que l’on devait s’empresser d’accepter le diktat des eurocrates. C’est pourtant ce qui se passa.
Est-on sûr qu’en ces temps où la préservation de l’habitat des piques prune prend le pas sur toutes autres considérations, les clapiers des habitants des banlieues suscitent des mêmes bonnes âmes la mobilisation qu’elles ont su obtenir pour des larves d’insectes.