Décryptage sans complaisance de l'actualité.
L’information est cocasse même pour un esprit cocardier. Jugez en plutôt. Le dernier poilu à passer l’arme à gauche aura droit à des funérailles nationales. Ils sont 6 à briguer cette fatale réjouissance sortie tout droit de l’esprit tordu de notre président.
Imaginez vous être l’un d’entre eux. Quelle stratégie adoptez pour être assuré d’un repos mérité auprès des plus grands hommes de la nation ? Parce que c’est bien entendu pour le Panthéon que le pays reconnaissant vous offre une concession. Quel tourment vous attend.
Etre le dernier et donc le gagnant, quel revanche sur la vie de tous les jours. C’est pas si fréquent qu’on récompense le traînard, le pantouflard, celui qui s’économise et grappille secondes après secondes pour pouvoir susurrer dans un ultime souffle « et quand bien même il n’en resterait qu’un, je serai celui là ».
C’est à un remake du supplice de tantale que Chirac condamne les six survivants de la plus meurtrière des guerres de tous les temps ; il faut vraiment qu’il ait du temps libre notre président pour leur concocter un passe temps aussi stupide : les forcer tous les matins à consulter la rubrique nécrologique des feuilles de chou où pourraient être annoncée la disparition de l’un de leurs frères d’armes. Quelle jouissance quand le patronyme de l’un des rescapés apparaît au détour d’une colonne. Plus que quatre…
On souhaite qu’aucun ne trouve la parade à cette angoisse quotidienne et armé du fusil à baïonnette trophée ramené de sa tranché aille exterminer ceux que les allemands avaient laissés inachevés. Autant être le premier à y penser pour être sûr d’être le dernier… [1]