Décryptage sans complaisance de l'actualité.
Je ne l’ai pas lu et tout est fait pour que je ne le lise point. Après tout que perdrais-je à ne pas suivre la meute, à ne pas apporter mon grain de sel dans les cafés littéraires où « la possibilité d’une île » monopolisera l’intérêt de lecteurs avides d’afficher leur ouverture d’esprit pour s’être encanaillé à la lecture de Michel Houellebecq. J’avais entamé ses précédents ouvrages qui m’avaient barbé comme beaucoup de ces romans qui surfent sur le temps présent et dont on sait dès la première page que passé l’hiver ils auront quitté l’étal des libraires.
J’ai découvert Céline alors qu’il s’était éteint, j’ai dévoré Sartre avant qu’il ne devienne quelqu’un, je n’ai rien compris à saint Léger après même qu’il fut devenu saint John Perse, et pour n’avoir jamais été en phase avec les écrivains je prends le risque de snober le chou chou des média. Et si la postérité me donne tort j’assumerai la honte et me clouerai le bec d’avoir méprisé l’incontournable Houellebecq.
Sur le tard je donne raison à Jack. Les livres ne sont pas une marchandise qu’on markette comme des carambars. J’ai trop longtemps pesté contre le prix unique du livre pour ne pas battre ma coulpe et imaginer ce qu’aurait été la campagne médiatique du sulfureux auteur des « Particules élémentaires » si la grande distribution avait pu discounter ses produits en rayon.
Comme quoi tout n’est pas à rejeter chez les gens de gauche, même si c’est grâce au plus réac des auteurs qu’on s’en apperçoit.