Décryptage sans complaisance de l'actualité.
Au moins tout le monde est d’accord. Il n’y a pas l’ombre d’une discussion. Que vous soyez croyant ou mécréant : c’est un miracle ou quelque chose d’équivalent : il n’y a que des survivants.
On a tardé à vous en parler mais tous les témoins l’attestent : ça aurait du finir en sinistre barbecue. Et s’il n’en fut rien c’est à la main du destin qu’on le doit. L’Airbus de Toronto restera dans les annales comme l’accident qui ne pouvait pas ne pas avoir lieu.
Tout s’était ligué pour que ça se termine mal. Une météo d’apocalypse, un touch down au-delà des limites, un freinage d’urgence qui crée l’aqua planning, une glissade jusqu’au ravin et des flammes qui lèchent la carlingue. Des portes qui ne s’ouvrent pas, des toboggans qui ne se déploient pas. C’est à des scènes d’horreur qu’on aurait pu assister, à un effroyable embrasement, à l’une de ces catastrophes qui régulièrement offre aux média des images d’horreur pour des téléspectateurs avides de sensations.
Il n’en fut rien parce que le destin avait décidé qu’il n’en serait rien. Et tous survécurent et louèrent qui l’équipage qui leur ange gardien de leur avoir épargné un tragique destin. Ils se souviendront qu’à Toronto ce fut l’échec du principe de précaution, la fin de l’illusion que la prise de risque est le tabou du transporteur aérien.
Et j’en veux pour preuve que malgré tout ces incidents, les portes qui ne s’ouvrent pas, les toboggans qui ne se déploient pas, le freinage insuffisant l’Airbus n’est pas interdit de vol. Il s’en est fallu d’un cheveu qu’à Toronto 200 passagers périssent carbonisés et tout se passe comme si rien ne s’était passé. Il s’en est fallu de peu qu’à Calvi le Canadair rentre de sa mission et tous les Canadair sont interdit.
La vie à Toronto vaudrait moins qu’à Calvi : comprenne qui pourra.