Décryptage sans complaisance de l'actualité.
C’est inégal. Entre la barbarie et nos sociétés civilisées la confrontation est déloyale. C’est un combat à l’issue certaine que nous livrent depuis ces deux dernières décennies les fous de l’Islam, les fanatiques de Dieu et les illuminés d’Allah. L’inanité de la lutte pour une cause perdue condamne les adeptes de ces attaques à une défaite totale, sans autre titre de gloire que d’accrocher leur nom à un autre carnage, ni l’espoir d’autre victoire que d’allonger encore la liste des innocentes victimes.
C’est déjà beaucoup trop, pensez vous, non sans raison, et c’est très cher payer le prix d’une propagande. Car le terrorisme reste l’arme des faibles. Il ne sert ni à prendre le pouvoir, ni à faire triompher un régime et se limite à la brutale expression d’une revendication. Les situations où un terrorisme aveugle a frappé au cours du siècle dernier ont coïncidé avec le refus des plus forts d’entendre une autre cause que la leur. Ce fut le cas pour le terrorisme palestinien à l’époque où Israël bénéficiait d’un soutien quasi universel ; ce fut le cas du FLN avant que ne soit reconnu le droit à l’autodétermination des algériens, puis de l’OAS quant de Gaulle ne laissa d’autre alternative aux Pieds noirs que « la valise ou le cercueil » ; c’est le cas en Russie quand les tchétchènes interdits d’existence exportent à Moscou leur recherche d’audience.
Mais dans aucun de ces cas ni de ceux qui les ont précédés la cause terroriste n’a progressé par le recours à la violence aveugle. Les faibles qui attaquent les forts restent toujours faibles. Quelques terroristes opérant dans l’isolement ne peuvent remporter de victoire.
La question n’est pas de connaître l’issue du combat ; elle est de savoir quand le combat cessera. Nos sociétés naviguent de Charybde en Sylla, de Londres ou domine l’angélisme béat, la tolérance naïve qui réconforte les combattants, à Guantanamo, le goulag de l’absurde qui décuple les vocations des plus extrémistes.
Nos sociétés ne risquent pas d’être détruites par le terrorisme mais par les faux naïfs, les héritiers des pacifistes des porteurs de pancarte plutôt « rouge que morts » des années 60, autant que par nos idéalistes, nos manichéistes, les inventeurs de l’axe du Bien, exportateurs de nos valeurs déistes.
Quant à savoir quelle route prendre pour éviter ces deux écueils, les romains grands navigateurs, dont la naïveté n’était pas la principale qualité, nous seront encore d’un grand secours. Ils avaient pour les guerres une approche paradoxale qui, si on l’avait appliquée aux terroristes, nous aurait évité bien des erreurs : si vis pacem para bellum !
* Si tu veux la paix, prépare la guerre.