Décryptage sans complaisance de l'actualité.
Inutile d’attendre une pirouette dans ce billet, le sujet ne s’y prête pas. Et si il y a dérapage ou culbute c’est qu’il y est question des accidentés de la route. La perplexité en aura saisi plus d’un en entendant un ministre récemment reconverti déclarer surseoir à l’installation de nouveaux radars. L’auditeur inattentif en aura conclu que pour exister ce ministre n’avait trouvé mieux que de prendre le contre pied de son prédécesseur. Mais la cohorte médiatique se saisissant du sujet aura tôt fait d’exiger du contrevenant qu’il revienne sur ses propos.
Les associations de victimes au nom des disparus dénoncèrent cette reculade et le ministre pantois dut faire amende honorable. Et tout devait rentrer dans l’ordre pour que de nouveau les radars radarisent, les ministres moralisent et que les conducteurs véloces continuent à se faire vider les poches.
Suis je inconscient pour persifler contre les dangers publics que sont les chauffards et autres assassins de la route ? Non, pas plus que n’était provocante la proposition du ministre de mettre un bémol à l’implantation de radars fixes. Ce ne sont pas les vertueuses indignations des associations qui rendront les radars efficaces contre les vrais dangers de la route, comme si le statut de représentant des victimes vous conférait de droit la qualité d’expert en sécurité routière.
Non, mais monsieur le ministre avait noté qu’un accident incrimine toujours au moins une voiture, un conducteur et une route. Et que s’en prendre à l’automobiliste exclusivement c’était réduire le problème au seul protagoniste qui soit solvable.
Quant à l’automobiliste il peut être accidentogène pour de multiples raisons : vitesse, mais aussi alcool, médicament, mauvaise vue ou tout simplement par ignorance des fondamentaux de la conduite, par ce que chez nous on a le permis à vie, il n’y a pas de piqûre de rappel.
On aura compris que s’attaquer aux conducteurs qui sur autoroute flirtent avec le 140, ce que permettrait l’installation de nouveaux radars n’est en aucune façon la solution pour éradiquer le fléau de l’insécurité routière. Mais pour satisfaire la fibre populiste, ce gouvernement a décidé de donner dans la poudre aux yeux, d’installer des radars et d’ignorer les causes profondes de cette hécatombe.