Toujours plus facile de donner des conseils quand l’affaire nous est étrangère, encore que ce qui se passe dans notre berceau ne puisse vraiment nous être indifférent.
C’est de la Grèce qu’il s’agit, des troubles, des émeutes, de leur mai 68 avec quelques années de retard. Depuis notre fauteuil devant notre écran de télé ça y ressemble : mêmes violences, mêmes provocations, mêmes répressions. Comme si une génération plus tard les mêmes causes pouvaient produire les mêmes effets.
La solution semble toute simple : des élections.
Un gouvernement démocratique et impopulaire est-il illégitime parce que la foule se déchaîne ? Des forces de l’ordre sont-elles l’instrument d’un parti ou une nécessité qui transcende les clivages politiques quelque soit le pouvoir établi ?
Réclamer des élections c’est donner à la rue le droit de rendre illégitime ce qui est sorti des urnes, c’est mettre la police au service d’une faction. Les refuser c’est perpétuer les désordres et donner aux plus extrémistes des contestataires l’opportunité de renverser la démocratie.
C’est bien confortable de pouvoir en philosopher devant sa télévision ; c’est autrement redoutable d’avoir à trancher au coeur de l’action.
Michel COUDERT Candide