Décryptage sans complaisance de l'actualité.
La question ne peut plus être éludée. Pour la première fois de puis Gutenberg nos bibliothèques s’enrichissent jour après jour de contributions attestant du déclin de notre pays. La génération qui piaffe bruyamment pourrait être la première dont le sort soit moins enviable que celle qui l’a précédée. Et si c’était vrai…ce serait la première inflexion connue d’une courbe qui témoignait jusqu’alors de l’amélioration constante de notre qualité de vie.
Tout à une fin, même les civilisations. Les progrès techniques, la révolution de la communication, l’épuisement des idéologies nivellent les écarts entre pays, entre continents. Sans aller jusqu’en Chine, l’Irlande encore moyenâgeuse dans les années 80 est devenue en l’espace d’une demi génération l’égale des pays phares de notre continent. Mais nous, français, vivons l’expérience unique du reflux vertigineux de notre modèle auto célébré qui nous entraîne dans les profondeurs du classement.
Ce n’est pas le refus des politiques de tout bord d’accepter ce constat qui permettra de freiner notre chute. La droite nie la réalité, fustige les « déclinologues ». La gauche attribue ce déclin à la droite, mais ses ténors discourent comme si la mondialisation, tel le nuage de Tchernobyl, nous avait épargné. Les extrêmes des deux camps accompagnent ce processus de délitement dont ils encaissent, jubilatoires, les dividendes, en l’accélérant.
On en vient à espérer qu’un séisme, un tsunami, un raz de marée emporte la médiocratie régnante, ses chefs, ses affidés, ses porte flingue et qu’une génération nouvelle, libérée des legs de promesses surannées propose enfin un futur accessible et motivant. A moins que leurs épigones ne souhaitent enseigner à nos survivants : « nos ancêtres les français, tels des dinosaures, se sont éteints dans l’indifférence générale : c’était au début du 21 ème siècle ».