Décryptage sans complaisance de l'actualité.
Perdu de vue l’objectif de cette mesure décidée en réponse à la canicule de l’été 2003. En solidarité avec le quatrième age les actifs devaient donner une journée de travail pour améliorer les conditions de vie des plus âgés.
Le propos n’est pas de critiquer la générosité entre les générations : elle est a toujours été au coeur même de la vie en société. La nouveauté c’est qu’allongement de la durée de vie et réduction du temps de travail ont considérablement accru la charge de solidarité sur les actifs. La dérive instantanée a consisté à creuser un déficit budgétaire qui handicapera la prochaine génération, les plus jeunes d’entre nous.
Quant à la solidarité avec nos anciens, était-il réaliste d’en rajouter une couche sur la population des actifs ? Ne sont-ils pas ceux qui supportent déjà l’essentiel des efforts de redistribution ?
Le piètre résultat du premier essai a conduit à développer une formule à la carte, indolore pour les fonctionnaires et pour ceux qui bénéficient de RTT et supportée in fine par les salariés des PME et des toutes petites entreprises.
Pire, le pataquès d’un système à deux vitesses conduit à altérer la productivité des entreprises qui auront décidé d’être en activité le lundi de pentecôte. La double peine pour ceux qui vont travailler : c’est l’histoire d’une idée faussement généreuse, qui détournée de sa finalité ne contribue que marginalement au résultat escompté mais accroît les inégalités.