Décryptage sans complaisance de l'actualité.
L’uniforme dans les cycles primaire et secondaire : un grand pas pour lisser les différences sociales et religieuses ? L’idée aussi incongrue qu’elle puisse paraître aux coordinations lycéennes n’est pas sans mérite. Qui s’est trouvé aux abords de collèges ou de lycées a pu être offusqué du laisser aller vestimentaire des ados. Tenue provocante de jouvencelles en mal d’émancipation, débraillé de petits males boutonneux, déballage ostentatoire de marques ruineuses et gène honteuse de ceux dont les jeans n’affichent pas les numéros tabous : la blouse grise de nos 10 ans uniformisait l’origine social de nos copains de classe. Seule l’arrogance de l’intelligence permettait une saine différentiation.
Alors le blues de la blouse qui saisit quelques députés est à considérer non comme une mesure vexatoire, mais comme un premier pas pour retrouver l’école qui gomme les différences sociales et qui participe à la création de cette identité nationale en voie de dissolution.
C’est certes bien peu, ce n’est certes pas la blouse qui réglera le problème de l’école mais cette voie a le mérite de la simplicité et d’une efficacité prouvée : n’est ce pas messieurs les anglais ?
Encore faudrait-il que la tenue choisie ne donne pas lieu à compétition : celle qui sera griffée du maxi discounter local faisant pale figure à coté de la tenue signée d’un as du marketing pour ados.