Dieu l’aura laissé à mi-chemin. L’inspirateur quotidien de la politique américaine a fait faux bond à son chevalier texan. En convertissant ses ouailles au rite démocrate il manifeste sa colère contre celui qui prétendait hier encore en être le plus inconditionnel des serviteurs. Mais que de dégâts ! Combien de vocations intégristes suscitées pendant son règne, combien de graines d’une haine inextinguible aura-t-il semé depuis qu’il a entrepris sa croisade contre l’axe du Mal.
Sans doute Dieu était-il fort occupé à traiter des affaires de la plus haute importance pour avoir abandonné la bride sur le cou à son suppôt texan. Il ne mesura que sur le tard les vagues de convertis qui venaient grossir les rangs des fous d’Allah pendant que ses fidèles plus clairsemés que jamais rasaient les murs d’églises vidées de leurs curés.
Les voies du Seigneur étant impénétrables on parie qu’il a un plan B. Qu’il va surprendre tout son saint-frusquin comme lorsqu’il envoya son fils annoncer que la fin du monde était pour demain. L’effet d’annonce fut certain tant il y gagna en conversions de païens. Mais l’affaire fit long feu et fut sans lendemain.
Pour retenir les fidèles et faire revenir à lui ceux qui l’ont déserté on aura l’immodestie de lui faire une suggestion. Pourquoi pas fusionner avec son alter ego et décider qu’Allah et Dieu ne font plus qu’un. Parce qu’enfin, l’un comme l’autre, vous n’êtes que le fruit de l’imagination de ceux qui s’entretuent pour mieux vous porter aux nues. Décidons l’armistice, puisqu’on l’a vu avec Bush, Dieu et Allah même combat.