Décryptage sans complaisance de l'actualité.
On entend Mme Royal nous rappeler qu’elle fait de la politique autrement. C'est bien, c’est son droit. Depuis qu’elle occupe les ondes elle ne dit rien d'autre, parce qu’elle n’a rien à dire. C’est l’avis de ses adversaires. Mais elle assure qu’elle écoute les français, qu’elle leur a donné la parole et qu’elle attend de savoir ce qu’ils ont à dire pour décider ce que sera
Si c’est vrai cela mérite quelques commentaires.
Sur les 63 millions de sujets qui peuplent le pays, il y a probablement autant d’opinions. Alors prétendre extraire de ces brèves de comptoir une série de propositions cohérentes et structurées, c’est s’atteler à la tâche titanesque de mettre à l’unisson 63 millions de frondeurs. Prétendre y parvenir d’ici au 11 février c’est se moquer des français.
Si la "campagne participative" consiste à recueillir l’avis des militants du PS, il suffit de se référer au projet adopté par les socialistes, qui, nous a-t-on dit, reflète la synthèse des réflexions des adhérents. S’y coller c’est perdre beaucoup de temps pour ré annoncer le 11 février ce que l’on déjà entendu lors de la présentation du projet. S’en distancer c’est se moquer des militants.
Elle s’est enfermée dans un piège en faisant miroiter à son électorat que le 11 février sortirait de ce processus un projet, une vision pour
Alors on s’interroge : où va Mme Royal ? Nous le saurons le 11 février. Mais insuffler la vie à un projet, bâti sur l’illusion que la parole était donnée aux français, va requérir de la candidate une stature d’homme d’Etat. L'ultime illusion ?