Décryptage sans complaisance de l'actualité.
A gauche toute. La voie centriste semble abandonnée. Encore que rien ne lui interdise de faire un autre changement de cap. Hier c’était vers la gauche que la timonière socialiste avait mis la barre.
Il devient évident qu’elle navigue à vue. Le récif Bové récemment surgi l’oblige à durcir son discours de peur de se faire cannibaliser sur sa gauche. L’écueil Bayrou lui a fait perdre des voix sur la frange social démocrate de son électorat. Son fonds de commerce se rétrécit : alors en avant la démagogie.
Le couplet sur le « capitalisme fou » résonne drôlement quand il émane des nantis de la fonction publique. Il sonne vrai chez Arlette Laguiller mais fait franchement rigoler quand il est prononcé devant les plus éminents représentants de la gauche caviar.
A hésiter, à louvoyer, à tenter de racoler un jour les déçus du centre, le lendemain ceux de l’extrême gauche, Mme Royal en vient à oublier qu’elle représente une caste de privilégiés. Ceux qui profitent des avantages acquis, de la garantie de l’emploi, des 35 heures du cumul des mandats…
Elle peut prétendre tendre la main aux exclus, aux plus démunis mais c’est aux nantis qu’elle s’adresse. Le Pen a raison de remarquer que lorsqu’on a le choix entre l’original et une imitation, on porte sa voix sur l’authentique et non sur sa copie.
Pour les démunis Mme Royal ne sera jamais qu’une racoleuse qui drague sur un trottoir déjà bien occupé… On est bien loin de la madone virginale d’il y a quelques mois. Faut croire qu'elle est toute déboussolée !