Décryptage sans complaisance de l'actualité.
Le ramdam fait autour du plan de restructuration d’Airbus frise l’indécence. C’est too much ! Le chagrin et la pitié se répandent chez les politiciens comme la petite vérole sur les membres du clergé. Ne parlons pas des médias qui retrouvent avec cette affaire les accents emphatiques dont ils se parent quand le monde est au bord de l’abîme. Si ce n’est qu’en la circonstance d’abîme il n’y en a point.
Aucun salarié ne perd son emploi, aucune société du groupe EADS n’est acculée au dépôt de bilan ; les salaires sont payés, aucun avantage acquis ou octroyé n’est rogné.
Les départs pour cause de retraite ou pour raisons personnelles ne seront pas compensés dans la limite de 4500, tel est l’essentiel du plan de Mr Gallois. C’est quand même pas la cata !
Sait-on que tous les jours en France, ce sont 5000 emplois qui disparaissent sans aucun plan d’accompagnement autre qu’une lettre d’introduction à l’ANPE locale. Et qui se préoccupe du sort de ces sans grades qui sont jetés dans la rue parce que leur entreprise a été liquidée, ou parce qu’elle a réduit la voilure selon l’euphémisme marin qui décrit mal les affres du licenciement.
Alors quel est le problème ? Pourquoi cette mobilisation ? Le déferlement médiatique autour d’Airbus montre qu’en France il y deux catégories de salariés. Ceux qui ont tous les avantages, les droits, qui peuvent ameuter la puissance publique et médiatique, et les pauvres hères qui salariés sans visibilité, sans pouvoir de nuisance sont happés par les restructurations sans qu’aucun syndicat, aucun média, aucun candidat ne lèvent le petit doigt.
Parce qu’on se veut le défenseur de la veuve et de l’orphelin on n’aura de cesse de crier au scandale devant l’exploitation éhontée par la gente politique de ce qui n’est qu’un incident sans conséquence funeste pour les salariés choyés de l’aéronautique.