Décryptage sans complaisance de l'actualité.
Que l’information soit avérée ou pas, qu’une convocation lui ait été adressée ou non, peu importe, une suite judiciaire impliquant monsieur Chirac est inscrite dans un futur proche.
Le nouveau président- quel qu’il soit – n’y pourra rien changer, la machine est lancée, elle happera l’ex maire de la capitale. Seule l’issue finale est incertaine : non lieu ou condamnation, acquittement ou prison : mais là n’est pas l’essentiel.
Les faits pour les quels monsieur Chirac sera entendu ne prêtent plus à discussion : ils ont conduit à la condamnation ferme et définitive de plusieurs de ses affidés. Un premier ministre, Juppé et un ministre, Roussin ont entre autres été sévèrement châtiés pour avoir exécuté les consignes du patron.
L’instigateur de ces opérations – sur les quelles on peut porter un jugement sévère ou indulgent selon le bord au quel on appartient – est désigné nommément par tous les protagonistes. Sa fonction le rendait intouchable, son retour à la vie civile le rend accessible.
Au nom de ceux qui ont payé pour lui sauver la mise, au nom du sens de l’honneur dont on ne peut douter que le président soit empli, il est de son devoir d’anticiper une quelconque convocation et de se présenter dès sa sortie de l’Elysée aux juges d’instruction.
Par ce geste symbolique, Chirac clouera le bec à ses détracteurs et confortera ses partisans. Attendre d’être convoqué serait la confirmation d’une fuite devant ses responsabilités que L’Histoire ne manquerait pas de stigmatiser.