Décryptage sans complaisance de l'actualité.
Aujourd’hui ce sont le bus et le métro dont le ticket devient gratuit pour les rmistes en région parisienne. Pas de quoi fouetter un chat. Presse, radio, restau, santé, école, université, Internet, logiciels : ces services ne sont-ils pas libres, enfin non facturés* à leurs consommateurs ?
Resquilleurs, fraudeurs, bidouilleurs, magouilleurs sévissent au grand jour, au vu et au su de tous. Quel gamin n’a pas piraté un logiciel, quel adulte n’a pas pris le métro sans billet, quel patient n’a pas tiré sur la ficelle de la sécurité sociale, quel contribuable n’a pas omis de remplir une ligne de sa déclaration ? Ne parlons pas de l’élite de la fonction publique qui s’est inscrite aux abonnés absents de la ponction fiscale.
Amalgame sans doute, mais perte de repères surtout. Cette exemption de paiement pour les transports parisiens le jour où le contrôle d’un fraudeur déclenche des violences que l’on sait, ajoute à l’incohérence d’un système dans lequel l’appréciation de la valeur échappe à l’entendement.
Qui comprend ce qu’il convient de payer, pourquoi certains services sont donnés, libres ou gratuits, enfin non facturés ? Plus personne.
La multiplication des dérogations, des allocations, des dégrèvements, des exonérations, des couvertures de risques réels ou fumeux incite monsieur Tout le monde à jouer les petits malins, tout comme le fait déjà son voisin et le voisin de son voisin. Un rmiste vit infiniment mieux qu’un smicard, et rien n’indique que cette aberration soit en voit de résolution.
“There is no free lunch”, enseigne-t-on outre-atlantique. Dommage que cette formule ne connaisse pas de traduction en français. Tout nouveau ticket gratuit se transforme pour tous en ticket perdant. C’est la communauté qui s’appauvrit en dévalorisant les services qui assurent sa cohésion.
* valorisation de la carte orange mensuelle 3 zones pour une famille de 4 personnes : 280€