Décryptage sans complaisance de l'actualité.
C’est typiquement une idée du fonctionnaire que celle de Bayrou. Ne propose-t-il pas l’institution d’un bonus malus en fonction du solde des emplois dans l’entreprise. C’est faire sien le postulat qu’un patron est un négrier qui considère ses collaborateurs comme des esclaves bons à prendre ou à jeter. C’est nier qu’un entrepreneur ne développe son activité qu’en étant respecté par ceux qui mettent leurs talents à sa disposition en contre partie d’un contrat de travail. C’est aussi ne pas connaître la réalité du processus de licenciement, le temps, l’énergie qu’il faut déployer pour terminer une collaboration avec des salariés.
Geler plus encore le processus d’adaptation de la ressource humaine aux fluctuations de l’activité ne fera qu’inciter les chefs d’entreprise à utiliser des ressources alternatives – délocalisation, sous traitance, accélération des automatisations – plutôt qu’à offrir des emplois supplémentaires.
Le licenciement est vécu par un employeur comme un échec, un échec sur l’aptitude du collaborateur qui ne réalise pas la mission que l’on attend de lui, un échec sur les projets de développement de sa société. Sauf quelques cas épars de patrons voyous – qui touchent des subventions puis font leur valises – la quasi totalité des responsables d’entreprise ne se retrouvent pas dans la caricature que le fonctionnaire Bayrou met en avant pour justifier son projet de sanctions des entreprises amenées à licencier.
Pénaliser les activités en difficulté en augmentant le poids des charges, c’est la proposition inepte d’un candidat qui flirte maintenant avec la logique marxiste. A quand le retour au gosplan, aux nationalisations…Juste un petit effort Mr Bayrou, et bientôt vous pourrez revendiquer être à la gauche de l’extrême gauche, avant de vous retrouver à la droite de la droite. La boucle sera bouclée.