Décryptage sans complaisance de l'actualité.
La « proportionnelle » ressurgit alors que la campagne s’enlise. Relancée par un acolyte de Nicolas elle prendrait l’aspect inquiétant d’un instrument propre à ratisser sur les terres de le Pen. C’est oublier que tous les candidats, de l’extrême gauche à l’extrême droite revendique qu’elle soit instillée à une dose – restant à préciser – dans une nouvelle loi électorale.
La proportionnelle est paradoxalement le plus démocratique des systèmes – chaque parti obtenant une représentation liée à son influence - tout en étant incompatible avec l’exercice de la démocratie. Parce qu’elle ne permet pas – pratiquement - de former un groupe composé de plus de la moitié des élus, la proportionnelle rend inapplicable la règle fondatrice de la démocratie : le vote majoritaire. Les majorités ne se forment dès lors que sur des oppositions. Afin de contourner cette incohérence, la proportionnelle doit s’accommoder de toutes les compromissions. Elle n’est donc plus utilisée telle quelle.
Chaque politicien croit disposer d’une martingale, d’une recette qui selon lui permet de réduire l’effet d’emphase du scrutin à deux tours en y injectant l’once de proportionnelle suffisante pour obtenir une représentation équitable des diverses opinions.
C’est le débat qui est relancé par un proche de Sarkozy. Tout en reconnaissant l’importance de ce problème il y a une forme d’incohérence à le soulever aujourd’hui. Les arrière pensées qui sous tendent son exhumation prennent le pas sur le débat serein au quel il devrait donner lieu.
Une fois passée les législatives,une fois conquise cette majorité absolue qui permet à un parti de contrôler l’assemblée nationale, on ne doute pas que ce débat ne retombe dans les oubliettes, dont il ressortira dans cinq ans, malicieusement, pour pimenter une campagne qui s’éternisera… bis repetita placent