Décryptage sans complaisance de l'actualité.
L’ouverture fait grand bruit. Elle déstabilise à gauche, irrite à droite. Elle n’était pas inscrite dans le projet électoral du président. L’eut-elle été que personne n’y aurait cru.
L’ouverture, telle qu’elle est pratiquée, consiste à ce stade à recruter des éminences des autres camps. La plupart des personnalités approchées se laisse apprivoiser et succombe au chant de la sirène sarkozienne. Le méchant loup sectaire se transforme à peu de frais en bon pasteur œcuménique. C’est là sans doute le bénéfice unique de cette opération de séduction.
Résumons les enjeux de l’élection : choisir le plus apte à conduire le projet politique préféré des français. Ce choix fait, le président est évalué dans sa capacité à réaliser les réformes issues de son projet.
Penser que l’appui de quelques personnalités longtemps opposées à ses réformes en facilitera l’application relève de la naïveté. A contrario cela devrait durcir une opposition affaiblie par le lâchage de quelques uns de ses talents. C’est un truisme de rappeler que la pratique du consensus est contradictoire avec la raison d’être de l’opposant. Si l’objectif de l’ouverture c’est d’affaiblir l’opposition parlementaire, le risque n’est pas seulement d’obtenir un effet contraire, mais de réussir et de se retrouver avec une opposition qui n’ait plus que la rue pour s’exprimer.
Quant aux effets de ces initiatives sur son propre camp, ils apparaissent bien contradictoires. Passé le crédit donné au bon pasteur qui élargit son troupeau, il faut reconnaître que la promotion des adversaires en lieu et place des supporters laissera des traces durables. A quoi bon se décarcasser si la sucette attendue est finalement offerte à l’ouvrier de la dernière heure. Il n’y a que l’Evangile pour justifier qu’un meilleur traitement soit réservé au moins bon des enfants… A cette aune là, beaucoup seront réticents à mouiller le maillot lors des prochaines consultations.
Nicolas, reprends toi ! ne perd pas de vue que les derniers convertis seront aussi les plus prompts à déserter le navire à la première bourrasque et qu’aucun des laissés pour compte de ton ouverture ne viendra alors soutenir ton équipage affaibli.