Décryptage sans complaisance de l'actualité.
C’est une profession qui fleure bon la décoction de camomille. Le trébuchet y sert encore à la préparation magistrale qui se concocte dans l’arrière boutique. Pas de risque d’attraper un courant d’air, l’atmosphère y est confinée, les gouvernements passent et les potards traversent les crises.
C’était compter sans la Commission européénne qui fait à la France obligation d’ouvrir le marché des pharmacies. Tout un chacun sait bien que cette profession a troqué depuis longtemps sa vocation médicale pour distribuer l’éventail des produits qu’elle a abusivement qualifié de « para pharmacie » et qui se vendent en supérettes. Qui ne sont pas, elles, soumises au numerus clausus.
Gagner sur les deux tableaux, celui qui protège les spécialités médicales et concurrencer la GMS pour les produits grand public, c’est ce que la pharmacie française pratique depuis les années 60. A juste titre, semble-t-il, la commission a décidé de mettre un terme à cet abus et a enjoint le gouvernement de libéraliser cette profession : ouverture aux chaînes de distribution et disparition du numerus clausus.
Cette bouffée d’oxygène en pharmacie vient de raviver la grogne des potards. On leur tond la laine sur le dos. Certains menacent de faire la grève…des génériques. On peut dire qu’ils ne manquent pas d’air !
PS La libéralisation frappe l'Italie