Décryptage sans complaisance de l'actualité.
La foi est certitude des choses que l’on espère, préchait saint Paul, relativisant ainsi la capacité de sa religion a l’universalité. Comment prétendre imposer à son prochain ce dont on ne peut que douter ? Las il semble que Benoît XVI s’éloigne de ce relativisme quand il interpelle les non croyants au prétexte que l’athéisme serait source des plus grandes cruautés. Notre insignifiante compréhension des malheurs de cette planète ne nous autorise certes pas à contredire le saint Père mais à lui faire respectueusement remarquer que les religions ont suscité plus de haine, de violence que leur absence.
Il ne s’agit pas de dénombrer les victimes que chaque camp est en droit de revendiquer, mais de fustiger l’exaspérante prétention de l’église à parler au nom de l’humanité. Dénigrer la science comme le fait le chef de l’église catholique apostolique et romaine au prétexte qu’elle éloigne de Dieu nous renvoie aux heures les plus sombres de l’obscurantisme religieux. L’homme a goûté à l’arbre de la connaissance et rien ne sera plus comme avant a théorisé bien des siècles plus tard Saint Augustin. On peut toujours gloser sur la miséricorde divine qui
tarda à se manifester là où elle eut été utile : au jardin de l’Eden.
La religion est affaire personnelle. Lui redonner, au rebours de ses prédécesseurs, une dimension collective et donc prosélyte choque le libertaire qui signe ce billet. Dieu sait si le pape n’en éprouvera ni chagrin ni regret, mais l’espoir des agnostiques dans l’extinction des guerres de religion se trouve compromis par cette encyclique. « Spe salvi » ne combat pas l’intégrisme, il le pare de l’onction papale.