Décryptage sans complaisance de l'actualité.
Le marketing politique ne laisse pas de surprendre. Tout est bon pour détourner l’attention du brave citoyen de son terne quotidien. Avant les élections ce sont les lunes électorales qui illuminent un ciel sans nuages, mais à peine parvenu au pouvoir, l’inévitable désenchantement consécutif à la fuite permanente de l’horizon où l’on rasera gratis oblige le leader à des contorsions facilitées par la maîtrise de la sémantique.
Sarkozy ne finit pas de nous étonner par la multiplicité de ses talents. Il semblerait que l’on ait élu un polyvalent, l’homme à tout faire que dans les vieilles maisons on s’arrache à prix d’or. Tour à tour jardinier, plombier, couvreur ou plâtrier il fixe sans délai les problèmes surtout quand ils surgissent après l’heure de fermeture des soi disant professionnels de l’affaire.
Voilà qu’il nous invente la « politique de civilisation », paradigme emprunté à un intellectuel en panne de tirage. Pas la peine d’avoir suivi les cours d’Edgar Morin, pour qui il n’y a pas de « connaissance sans connaissance de la connaissance », pour comprendre que le président se paie gentiment la tête de l’électeur. Autrefois on se contentait de nous proposer un choix de société, et ce n’était pas simple car tous cherchaient à piocher le meilleur des deux mondes. Aujourd’hui avec Sarkozy le débat s’élève, il nous propose un choix de civilisation ! On a franchi une barrière sémantique qui va laisser pantois ceux qui pensaient qu’ils avaient élu un président pour améliorer leur pouvoir d’achat ! Mais où est-ce qu’ils avaient pu entendre ça ?