Décryptage sans complaisance de l'actualité.
Le résultat n’est pas à la hauteur de l’ambition. La clarification attendue de la prestation présidentielle s’est transformée en opacité. Peu de commentateurs l’ont reconnu, le prix à payer les aurait probablement exclu de la prochaine grand messe, à condition qu’il y en ait une après le four élyséen.
Sur l’abolition des 35 heures le « oui » sec formulé en réponse à leur abolition s’est transformé en « plouf ». Depuis que de démentis, que de clarifications, comme si le mot « oui » nécessitait d’être précisé… L’objet de ce billet n’est pas de reprendre les arguments des adversaires et de les opposer à ceux des bénéficiaires de cette usine à gaz franco française, mais de remarquer comment en quelques minutes on peut brouiller un message qui se voulait clair.
La faute en incombe certes au président, mais surtout à la méthode choisie : la conférence de presse façon 1960 ! Et bien ça ne marche plus, les manipulations évidentes que ce genre permet ont eu raison de ce média surannée qui a fait chuter un Sarkozy que l’on disait pourtant aguerri pour cet exercice. A fanfaronner, à pantalonner en direct il se sera pris les pieds dans le tapis des bons mots, et ce « oui » était de trop. Il a du être nonisé.
Dans la conférence monarchique, l’absence de droit de suite aux questions porte un discrédit fatal à ce type de communication. Le président peut se débarrasser de l’importun par une pirouette. Dans le cas d’espèces la pirouette s’est retournée contre lui. Pan sur le bec.
A la réflexion le meilleur outil de communication entre le président et le citoyen ne reste-t-il pas la séance télévisuelle où le président est interrogé par un duo de journalistes professionnels ? Quant à la complaisance toujours possible, on peut s’en garder en demandant à l’opposition de désigner l’un des deux interrogateurs dans une liste mutuellement acceptée.