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Décryptage sans complaisance de l'actualité.

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Pardon...

Exceptionnellement Candide reprend l'intégralité de l'article qu'Erik ORSENNA  publie dans le Monde sur la commission ATTALI : où tout ce qu'on a souhaité dire est si brillamment exprimé !

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Pardon de n'être pas élu. Pardon d'avoir été choisi par Jacques Attaliundefined comme l'un des 42 membres de sa commis­sion pour la libération de la croissance française. Pardon d'en être fier. Pardon d'aimer mon pays tout autant que vous l'aimez. Pardon d'avoir travaillé, cinq mois durant, avec des personnalités aussi diverses qu'exceptionnelles.
 

Pardon d'avoir écouté avec passion le point de vue de deux Italiens, d'une Espa­gnole, d'une Allemande, d'un Anglais, d'un Autrichien, également membres de la commission et tous attachés à la France. Pardon d'avoir auditionné 450 personnes. Pardon d'avoir contribué au diagnostic commun : notre pays va mal, plus mal encore qu'on ne croit. Mais il dispose d'atouts considérables, à rendre jaloux tous ses concurrents. 

Pardon d'avoir prêté attention aux expé­riences réussies de nos voisins. Pardon d'avoir, avec mes camarades, cherché des solutions pour réveiller l'énergie de notre pays. Pardon d'avoir cru en trouver. Par­don d'en avoir, avec le secours du direc­teur du budget, évalué le coût. 

Pardon de connaître le rôle de chacune des institutions de la République : je ne prends pas une commission, fût-elle la nôtre, pour l'une d'entre elles. 

Pardon de comprendre votre souci de l'intérêt général. Pardon de moins com­prendre votre passion du statu quo, votre attachement à un système qui a montré son inefficience sauf pour fabriquer de l'inégalité. Une à une, les corporations se présentent au palais pour supplier que rien ne change. A chacune, on répond de se tranquilliser : rien ne changera. Une à une, les corporations repartent du Palais, ravies. 

Pardon de ne point partager leur bonne humeur : tout privilège est une ren­te. Toute rente est une taxe et mauvaise pour l'emploi. 

Un scrutin s'approche. Pauvres élec­tions municipales ! La droite va les per­dre : elle aura eu beau renier ses engage­ments de réforme. La gauche va y triom­pher sans avoir réglé une seule de ses contradictions. 

Plus tard, dans dix ans, dans vingt ans, lorsque nos enfants, endettés jusqu'à la gorge, nous demanderont : « Comment avez-vous fait pour tant gâcher les atouts de notre pays ? De votre temps, paraît-il, nous étions la quatrième ou la cinquième puissan­ce du monde, avec de la solidarité, de la san­té pour tous, des moyens de financer la recherche... Comment avez-vous fait pour tant ruiner ? 

Alors nous, les anciens, aurons la mine qui convient à la fierté modeste : les yeux mi-clos. Nous caresserons lentement, l'une sur l'autre, nos mains tavelées et répondrons, désolés : « Comment nous avons fait ? En 2008, nous n'avons rien changé. » 

 
à mes amis les pharmaciens, les notaires, les aiguilleurs du ciel, les chauffeurs de taxi, les internes en médecine et à tout ceux que j'oublie

 

 

 
 
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J
Pourquoi "pardon aux aiguilleurs du ciel" ????Parce qu'une quarantaine d'entre eux (sur quatre mille a fait grève)pour un motif hautement discutable ????Ce serait faire beaucoup d'honneur à cette quarantaine et mépriser les 3960 autres....jf.
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S
bravo éric Orsenna étais aussi au pole sud , avec isabelle Autissier : dans les passages difficiles il étais au radar dut à son grand âge .  et au froid .ce n'est qu'un aspect parmis les nombreuses facettes de sa vie .respect et curiosité , ouvertures ce sont de belles mammelles !
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C
Voilà qui est dit, le diagnostic semble sans appel, mais d'autres bruits circulent comme quoi après les municipales, les réformes iront bon train car justement nulle échéance électorale ne viendra ternir l'horizon des responsables politiques avant un bon bout de temps. Mais ce pardon, à qui est-il adressé en fait ? Car s'il existe des corporatisme en France c'est bien parce que l'on a fait en sorte de gérer la France de cette manière, en satisfaisant ici et là les petites chapelles et ce depuis des décennies, tant à droite qu'à gauche. La France serait donc un pays en déclin, veillissant, endormi presque, chut, elle dort ...
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