Décryptage sans complaisance de l'actualité.
Il nous sera impossible d’y échapper. Ou que nous soyons, où que nous nous branchions, l’évocation de sa mémoire accaparera le cirque médiatique pour les jours à venir.
La réhabilitation posthume du « dernier des Bourbon » a déclenché une avalanche de commémorations, publications, documentaires, films et interviews pour permettre aux nostalgiques de
Les Lang, Dumas, Védrine, Pingeot, Attali et tutti quanti, vont squatter les plateaux non sans avoir ravivé leur mémoire pour nous livrer une version expurgée du bilan du plus controversé des présidents. La parole largement donnée à ses thuriféraires, osons à notre façon un travail d’inventaire.
Le pays n’en finit pas de payer les dividendes des décisions prises sous son impulsion. Pour ne prendre que deux exemples : explosion du déficit des finances publiques, dévalorisation du travail accumulent les effets nuisibles, conséquence directe des politiques menées à partir de 1981. Mais la plus perverse des séquelles de l’ère mitterrandienne reste l’illusion ancrée que les droits individuels prévalent aux devoirs citoyens, que la reconnaissance est due avant d’être méritée, que la distribution des acquis est un droit à tirage illimité.
La gangrène inoculée dans le corps social par la pratique mitterrandienne n’en finit pas d’amputer notre capacité à faire face aux défis de notre société. L’illusion socialiste matinée d’immoralisme mitterrandien aura balayé les appels à la raison mal relayés par des politiques dont il avait monnayé l’irresponsabilité.
Pour une abolition de la peine de mort que de compromissions, d’abdications, de démissions. Si la responsabilité du délitement du corps social ne saurait lui être imputé, il a largement contribué à sa propagation.
Laissons le reposer à Jarnac, attendons que les historiens remettent les pendules à l’heure et un point final au mythe errant de feu un grand président. S’étendant entre le septennat d’un dandy et celui d’un roitelet la présidence du monarque François a pu laisser aux royalistes qui sommeillent chez les français une once de mélancolie. Peut être faudrait-il leur rappeler que depuis 1875 et l’amendement Wallon passé à une voix de majorité on doit dire : « le roi est mort, vive le président ».