Décryptage sans complaisance de l'actualité.
Ils ont saccagé des crèches, brûlé des écoles, détruit des usines, incendié des voitures, anéanti tous les symboles d’une société à laquelle ils n’ont jamais appartenu. Mais ils ont « fait » quelque chose. Ils ont existé, ce qui pour certains n’avait jamais dû leur arriver.
Ce sont les fils lointains des noirs de Harlem de 1964, pas des enfants de mai 68. Novembre 2005 n’est pas un retour de la chienlit dans une France qui s’ennuie, c’est le jaillissement du nihilisme de ceux dont on a toléré trop longtemps qu’ils s’exonèrent des fondamentaux du credo de notre identité nationale. Siffler
Cette guérilla nous replonge dans l’Amérique des mid sixties, quand la haine des blancs suintait des rues des ghettos noirs de New York comme de L.A. Et quelques centaines de morts plus tard, quelques milliards de dollars de destruction en sus le calme est revenu en même temps que la loi sur les droits civiques imposait ses premiers effets.
L’Histoire ne recommence pas et Clichy sous Bois ne sera pas Harlem ou Watts. Mais l’Amérique d’après 1964 n’est plus celle des pères fondateurs, sa déconstruction a commencé. L’ineffable myopie de nos politiques dont certains croient qu’un jet de karcher désintégrera les ferments d’un soulèvement en forme de guerre urbaine quand d’autres pensent que des poignées d’euros jetées comme des cacahuètes au zoo éteindront la haine qui s’exhale de ces émeutes, est consternante.