Décryptage sans complaisance de l'actualité.
Il a transpercé l’écran, avec sa gueule de taureau qu’un chiffon rouge s’amuse à titiller. Les journalistes n’ont pas eu besoin de le pousser dans ses retranchements pour asséner ces évidences frappées au coin du bons sens que plus personne n’osait exprimer. Il parle avec le cœur gros comme ça d’un mec qui a des tripes et ne rend des comptes qu’à son miroir, en se rasant. Pas comme ce pauvre Jacques, azimuté, déboussolé, qui enchaîna des mots de Président fantoche. Pas sûr qu’en banlieue son passage à la téloche aura créé beaucoup d’émotion. N’est pas Nanard qui veut.
On a trop moqué le hâbleur, raillé le repreneur d’entreprises, crié au scandale quand il s’est refait sur le dos du Lyonnais pour refuser de reconnaître à ce bateleur son parler vrai. Les banlieues il connaît ; il s’en est sorti, il y est même retourné quand il a fait un crochet par
Sans anathème, sans opprobre il a reconstitué la dérive de ces quartiers qui ont vu les sauvageons déjà petits délinquants devenir émeutiers et basculer dans la criminalité. C’est pas lui qui blâmerait les propos d’un Sarko, les tentatives d’un Borloo au titre qu’ils ne sont pas de son camp, parce que seul de nos politiques il a ignoré le clivage droite gauche, pour essayer d’éviter que cela ne devienne un problème de survie de notre identité.
Alors chapeau Tapie, c’est du bel ouvrage. Quand il sort du bois on se prend à espérer qu’il n’y retourne pas. Il est par sa gouaille, par ses excès, ses succès, par ses rétablissements l’archétype du français que dans les banlieues on rêve d’être.
Snobé dans les beaux quartiers, méprisé par les anciens de Sciences Po, envié par les français moyens c’est la bête de tréteaux que beaucoup de partis aimerait épingler en haut de leur affiche. Puisqu’il a su montrer qu’il y avait des politiques qui n’ayant plus rien à prouver, plus de destin à convoiter et qui, après avoir connu la puissance et la gloire puis la descente en spirale, étaient capable le temps d’une crise de se mobiliser pour mettre leurs talents au service d’une cause, alors que l’on prenne le taureau par les cornes et qu’on lui confie, à lui le plus titré des intermittents, une mission de salut public : le portefeuille de ministre des banlieues.
Et si il y réussit la voie de l’Elysée sera toute tracée. [1]