Décryptage sans complaisance de l'actualité.
C’est un ouvrage décapant, rafraîchissant que nous propose Jacques Duquesne* en ces temps où tout fout le camp. Même Dieu en prend pour son grade dans ce remarquable petit essai du plus iconoclaste des journalistes, écrivain engagé portant haut son credo religieux. Comme l’avait magistralement interpellé l’avocat académicien Jean-Denis Bredin** dans sa lettre à Jésus, Dieu est sur la sellette pour tous ces innocents qui sont emportés par des catastrophes qui se succèdent en imposant leurs lots de désolation.
Le Dieu tout puissant de nos catéchismes sort dépoussiéré de cette réflexion qui nous restitue le visage du dieu de
Les sacrifices et le péché originel ne sortent pas indemnes de cet inventaire sans concession. Machiavélique invention de Saint Augustin, le péché originel mis au cœur de ses Confessions, sans doute pour s’auto absoudre de ses frasques de jeunesse, ne saurait justifier la venue du Christ sur terre, puisque ce dogme est postérieur à son incarnation.
Mais l’essentiel est ailleurs, c’est la prise en compte de la perspective darwiniste, perspective affirmée par les positions de Jean Paul II, dans la lecture des saintes Écritures. Dans un monde inachevé, Dieu dont le grand dessein apparaît au journaliste catholique bien confus, nous a installés ici bas sans bien comprendre ce qu’il allait faire de ses créatures. Le Seigneur cherche encore ses voies, et à la lumière de tant d’incidents de parcours elles lui seraient aussi impénétrables qu’à ses ouailles.
Un Dieu modeste, humble, tel est le portrait que trace Duquesne. Et si Dieu n’était pas tout puissant ? Alors on comprendrait mieux….même qu’on prierait pour qu’il y ait un Duquesne chez les musulmans. [1]