Décryptage sans complaisance de l'actualité.
L’effet de spirale est intriguant. Il s’applique aux carrières des managers comme à celles des leaders de la politique. Il enivre ceux qu’il propulse au sommet, qu’il tétanise quand, inversé, il les précipite dans les abîmes avant même qu’ils aient consommé les plaisirs de l’acmé.
Le phénomène est cyclique, rares sont ceux qui ont droit à un deuxième tour. C’est tout le mal qu’on souhaite à Sarkozy. Et c’est pourtant lui qui s’est mis dans cet engrenage qui le broie, comme il a broyé ceux qui ont pensé s’en affranchir. Jospin, Balladur, Rocard pour ne citer que quelques uns des laissés au bord du chemin.
Des grands chefs trop tôt promus qui, se croyant encore au Capitole, dévalaient déjà la roche Tarpéienne Messier émerge, mais nous n’oublierons pas Haberer, charge à vous de remplir les blancs…
Quelques uns ont la capacité d’effectuer un étonnant rétablissement. Mis en pièces, livrés à la horde médiatique, ignorés de leurs pairs, évités par leurs prébendiers ils ont rebondi la carapace durcie et feront rendre gorge à ceux qui ont précipité leurs chutes.
Sans être extra lucide deux personnages culminent avec un tel destin : Mitterrand et Chirac. La question du jour : Sarkozy est-il taillé pour ce rôle là ?
Puisqu’on vous a habitué à exprimer une opinion tranchée, à anticiper sans s’être souvent trompé, on ne classera pas Sarkozy dans la catégorie des survivants à ce jeu là. Et à l’appui de notre thèse – qui signifie simplement qu’il n’a pas l’étoffe d’un président – nous apporterons la fausse naïveté avec laquelle il a médiatisé sa vie privée avant de s’offusquer qu’elle soit livrée au grand public.
Des grands hommes de quelque bord qu’ils furent on aura apprécié la retenue qu’ils surent garder sur ce terrain. C’est à porter au crédit de Mitterrand d’avoir su imposer l’omerta sur cette vie là, Sarkozy pour y avoir failli a décroché de la spirale plus vite que ses ennemis ne l’avaient prédit.