Décryptage sans complaisance de l'actualité.
Non, ce n’est pas contagieux, ce n’était pas non plus une arme fatale jusqu’à ce qu’il frappe le chef de l’opération Licorne dans sa version de la « guerre propre ». C’est inattendu d’en être la victime quand on est chef de guerre, qu’on opère en Côte d’Ivoire, pas vraiment un lieu de villégiature pour un chasseur alpin. Le problème c’est qu’une guerre moderne ne doit plus faire de dégâts. Ce n’est pas qu’il y en eut beaucoup en Côte d’Ivoire mais, semble-t-il, une de trop. Une bavure dont la victime collatérale est le général dont les troupes n’auraient pas eu pour un black les égards aux quels ses viols et meurtres précédents le qualifiait. La guerre propre faisait sa première victime.
C’est clair que la ministre des armées est plus habituée aux salons de l’hôtel de Brienne qu’aux théâtres des opérations. Que ce général ait abusé de ses prérogatives pour laisser expédier une crapule dans l’au-delà sans lui avoir laissé le temps de consulter son avocat est certainement critiquable.
Mais sanctionner en place publique un éminent représentant de l’Armée au risque de susciter un mouvement de solidarité, c’est une faute de commandement dont les stigmates poursuivront longtemps son auteure. Faut-il qu’elle ait du mal à tenir ses troupes pour faire un exemple de ce général dont les galons n’ont pas été gagnés en cirant les bottes de sa hiérarchie ; n’en déplaise à Mme Alliot Marie.
De deux choses l’une, où elle peine à se faire respecter et elle doit être démissionnée ou elle ne connaît de la guerre que les lois qui sont censées la régir et il faut qu’elle reprenne son métier d’avocat pour les faire appliquer.
Quant à penser qu’elle n’a agit qu’en service commandé et qu’il fallait donner un gage au sinistre président ivoirien Laurent Gbagbo dont on connaît les liens avec l’hôte de l’Elysée, c’est une hypothèse que même les plus farouches anti-chiraquiens se refusent d’évoquer.