Décryptage sans complaisance de l'actualité.
C’est encore l’une de ces bonnes idées qui ne peut germer que dans la tête d’un président français. Surtout chez celui qui n’a jamais sorti un euro de sa poche pour se payer un billet.
Taxer de 5 euros chaque trajet de voyage aérien pour financer l’aide aux africains ç’est l’archétype du mécanisme qui est voué à l’échec. Ca donne bonne conscience et ça ne sert à rien si ce n’est à permettre à de nombreux aigrefins de s’en mettre plein les poches pendant que les africains continueront à crever de faim. On évitera de faire appel aux mannes libérales d’Adam Smith ou de son pote Ricardo, ou à celles du camarade Keynes, le copain des socialistes, mais aucun économiste n’a jamais parié sur la générosité des nantis pour faire décoller les pays mal lotis. Certes les sous récoltés permettront d’acheter des vaccins aux riches laboratoires des pays donateurs et amélioreront l’espace d’un matin l’espérance de vie dans les pays africains. Mais c’est pure utopie que de laisser croire que des dons peuvent modifier durablement les comportements dans des pays où toutes les expériences de financement sans création de valeur ont échoué depuis bientôt 40 ans*. Car enfin oublierai-t-on qu’un adulte bien portant coûte plus cher qu’un jeune mourrant. C’est probablement choquant à lire mais c’est pourtant bien sur ce paradigme que nos sécurités sociales bâtissent leur déficit. Alors promettre des dons pour la vaccination des enfants si on ne contribue pas aussi au financement de leur éducation, c’est créer les conditions d’une explosion démographique dont les pays donateurs n’osent pas imaginer les conséquences. Et ce n’est pas notre président qui risque d’apporter son obole à cette bonne action puisque, à peine sorti de son isolement, il est désormais interdit de vol. * Lire Stephen Smith