Décryptage sans complaisance de l'actualité.
Il fallait que nul n’en ignore. La cause était nationale et Chirac en était le héraut. Dès lors les résultats de juillet ne pouvaient faire que mauvais effet. On fit donner le ban et l’arrière ban de tout ceux qui font dans la sécurité routière comme d’autres font dans l’assurance ou dans la politique.
C’était inattendu, ça tombait d’autant plus mal qu’un ministre s’était fourvoyé en faisant douter de la volonté gouvernementale de poursuivre une politique répressive. Le ministre de la circulation, désavoué* en son temps pour avoir souligné l’inefficacité des radars, dut à son corps défendant expliquer qu’il était favorable à leur multiplication. Et tout ce que
On chercha des explications à cette rechute de l’insécurité routière. On en vint à relire les statistiques qui déclenchèrent toutes ses réactions. Les victimes de juillet excédaient de 37 le nombre de celles de l’année précédente, chiffre qui fut déclaré « inacceptable » par le gaffeur Perben. Qui pris de court sermonna le français invité à une énième prise de conscience des dangers de ne pas respecter la signalisation et la vitesse fut fustigée pour être à l’origine de cette augmentation inopinée du nombre des tués.
Et personne ne regarda le calendrier… sauf ce lecteur du Figaro qui inspire aujourd’hui ce commentaire et qui détecta que ce mois de juillet était celui des 5 samedis. Nous le remercions de nous avoir donné ses vérités routières , car tout s’explique : c’est pas que ces 37 victimes ne soient pas mortes, c’est que la comparaison n’a plus de sens. Les sorties du samedi soir étant la « cause » de beaucoup des plus graves accidents, un week end de plus explique à lui seule cette hausse « imprévue ». Ca faisait un certain temps que l’on pouvait prévoir le cinquième samedi du mois de juillet 2005 !
Il était un temps où l’on ajustait les statistiques des variations saisonnières ; on regrette que ce temps soit révolu et que l’on n’ait pas élucidé ce mystère avant de susciter ce chambardement.
Des inspirateurs de la sécurité routière doit-on stigmatiser l’incompétence ou déplorer qu’ils aient en toute connaissance de cause chercher à nous manipuler. Les seuls gagnants de cette mésaventure seront tout ceux qui ne trépasseront pas en août sauvés par l’excès de zèle des manipulateurs de la sécurité routière.